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La chronique du 2 septembre 2022 : Aylan, « le dormeur de la plage », combien d’autres encore de par le monde ?

(Lu sur le web) Nous sommes le 2 septembre 2015. Sur une plage turque proche de Bodrum, une photographe a fixé sur la pellicule l’image d’un enfant de quatre ans rejeté par la mer, Aylan Kurdi. Victimes d’un naufrage, l’enfant, son frère et sa mère tentaient de gagner l’Europe avec d’autres Syriens ayant fui leur pays en guerre.

Esthétique de l’horreur

La photo, d’une troublante beauté esthétique, nous rappelle Le dormeur du Val (octobre 1870), poème par lequel Arthur Rimbaud oppose la sérénité de la jeunesse à l’horreur de la guerre, en l’occurrence la guerre franco-prussienne :

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Pour un Aylan découvert, combien d’anonymes disparaissent victimes de l’inhumanité dans le monde ?

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