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Comment la culture peut doper le développement économique et social en RDC ?

COMMENT LA CULTURE PEUT DOPER LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL

Situation économique et sociale de la RDC ces dernières années selon les sources du Ministère du PLAN – Agence nationale pour la promotions des investissements.

Bref résumé des grandes évolutions de l’économie congolaise depuis 1960 jusqu’en 2019

Les grandes évolutions de l’économie congolaise peuvent être circonscrites globalement en quatre périodes, à savoir :

1959 à 1973 : Croissance et inflation modérée ;

1974-1988 : Ralentissement de la croissance et inflation ouverte ;

1989-mai 1997 : Déclin de la croissance, Destruction des richesses et hyperinflation ;

Après mai 1997-2001 : déflation et hyperinflation ;

2002-2019 : Reprise de la croissance et d’inflation sous contrôle.

1. Croissance et inflation modérée

Les efforts de redressement économique entrepris entre fin 1967 et fin 1973 ont permis de rehausser la croissance économique. Ils ont coïncidé avec un environnement international favorable porté par la hausse du cours du Cuivre. Ces deux éléments ont déterminé les résultats positifs enregistrés au cours de cette période caractérisée par une croissance du PIB réel de 2,7% et une hausse du niveau général des prix de 27% en moyenne annuelle.

2. Ralentissement de la croissance et inflation ouverte

Cette période, marquée par une croissance de 0,03% et une inflation de 57,6% en moyenne annuelle, comprend deux phases :

La phase de 1974 à 1982 est caractérisée par des mauvais choix en matière de politique économique ayant abouti au surendettement du pays dans le cadre de financement des grands travaux (INGA I et II, CCIZ, Sidérurgie de MALUKU…) sous le sceau de la corruption et de rétro-commissions.

Dans un contexte international caractérisé par deux chocs pétroliers (quintuplement et quadruplement du prix du baril respectivement en 1973 et 1976) et la chute du cours du Cuivre en 1975 ( après l’échec de la stratégie mise en œuvre par le CIPEC, Conseil Intergouvernemental des Pays Producteurs et Exportateurs du Cuivre), les mesures ratées de Zaïrianisation ou nationalisation, de Radicalisation ou Étatisation et enfin de Rétrocession, la gestion peu orthodoxe des Finances Publiques, le caractère accommodant de la politique monétaire et les coûts liés à l’ajustement tardif de la politique de change (passage avec beaucoupdes retards de la fixité du régime des changes au flottement) ont eu comme conséquences, l’arrêt du processus de création des richesses intérieures.

La phase de 1983 à 1989 est celle des efforts d’ajustement de l’économie grâce aux mesures d’assainissement de la politique budgétaire et des réformes entreprises au niveau de la politique monétaire (libéralisation des taux d’intérêt), de la politique de change (adoption du régime des changes flottants et assouplissement de la réglementation de change). Toutefois, ces politiques de gestion de la demande n’ont pas été relayées par des politiques de portée structurelle et des initiatives de développement.

3. Déclin de la croissance, destruction des richesses, hyperinflation et paupérisation généralisée de la population

La période de 1989 à 2001 est celle du déclin de l’économie et de la société congolaise. La longue transition politique marque non seulement le couronnement de l’instabilité institutionnelle (plus de 12 gouvernements en l’espace de 10 ans) mais surtout de malaises sociaux (événements de LUBUMBASHI en 1990, conflits interethniques en 1991 et 1992, grèves, contestations populaires, villes mortes…) et économiques (hyperinflation, pillages de l’outil de production et de commercialisation des entreprises en 1991 et 1993, rupture de la coopération bilatérale et multilatérale..).

Le désordre des Finances Publiques est attesté par des déficits insoutenables du trésor financés presque exclusivement par les avances directes de la Banque Centrale avec comme conséquence la dépréciation rapide du taux de change et la hausse vertigineuse des prix intérieurs, respectivement 98% et 9800% en 1994. Les conflits armés, après l’éc5hec de la Conférence Nationale, ont eu des impacts graves tant sur la situation sociale qu’économique. Au cours de cette période, le PIB Réel a reculé de 4,5% en moyenne. La hausse du niveau général des prix a été de près de 2.000 % en moyenne. L’incidence de la pauvreté est établie en moyenne à 80% et le taux de chômage à 84%.

4. Déflation et hyperinflation

En mai 1997, l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération, dirigée par le Président Laurent Désiré Kabila, prendra le pouvoir et évinça le régime du Maréchal Mobutu. Le nouveau régime en place entama un programme de reconstruction nationale et tenta d’assainir la situation économico-financière du pays, alors que le pays devait au Club de Paris 7 milliards d’euros. Le Gouvernement mis en place commença par opérer certaines réformes sur le plan économico-financier notamment, la réforme monétaire qui institua le franc Congolais. L’économie était caractérisée par la déflation pendant cette période.

En août 1998, l’économie congolaise connaîtra encore une chute drastique caractérisée par l’hyperinflation qui se poursuivra jusqu’au milieu des années 2000 et ce, à la suite de l’éclatement de la guerre imposée à la R.D. Congo par ses voisins. Le Gouvernement procédait de manière de manière récurrente aux avances de la banque centrale pour financer la guerre, et cette pratique avait entamé de manière considérable la perte de la valeur de la monnaie nationale par rapport au dollar américain. Au niveau de marché de change, le Gouvernement appliquait le taux de change fixe et dans le marché parallèle c’était le taux de change flottant.

Durant toute cette période, la problématique de l’assainissement des finances publiques était caractérisée par un échec, et la relation avec les partenaires traditionnelles dont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International était conflictuelle.

5. Reprise de la croissance et inflation sous contrôle (2002 à 2019)

Cette période était caractérisée par la reprise de la coopération multilatérale et bilatérale, l’application des politiques économiques conjoncturelles restrictives et des réformes structurelles de première génération (partenariat dans le secteur minier, guichet unique au Port de MATADI, mise en place de la chaîne la dépense, etc.

Comme conséquence : la maîtrise de l’hyperinflation ( (hausse du niveau général des prix de 17% en moyenne annuelle, la relance de la croissance économique, la réduction de chômage (passant de 84% à 40 % en moyenne) et la pauvreté de 80% à 63%.

A l’amorce de la période de 2002 à fin décembre 2019, et toutes choses restant égales par ailleurs, la situation économique de la R.D.C est caractérisée par l’orthodoxie de la politique économique et des performances imputables aux effets des réformes engagées qui ont permis d’importants investissements dans les secteurs minier et autres qui porte la croissance. Cette période constitue un tournant décisif pour l’économie congolaise, avec l’amélioration des taux de croissance économique, atteignant un pic de 9,5% en 2014, associée à une baisse sensible des volatilités des prix intérieurs et une relative amélioration de l’environnement des affaires. Ladite croissance s’est ralentie à près de 2,5% du PIB en 2016, suite à la baisse sensible des cours des matières premières occasionnant ainsi la réduction des revenus des entreprises minières. Entre 2017 et 2019, ce taux de croissance est passé respectivement à 3,7% ; 5,8% et 4,6% occasionné par l’augmentation sur le marché international des cours de certaines matières dont le cobalt.

Pendant la même période, l’inflation a été maintenue suite à une politique monétaire voire budgétaire orthodoxe. En effet en l’absence des chocs extérieurs importants, le cadre macroéconomique est demeuré stable. L’évolution du taux d’inflation se présente comme suit : 15,8% ; 4,4% 21,3% ;18,2% ;27,6% ;53,4% ;9,8% ;2,7% ;1,1% ;0,5% ;0,8% ;26% ;53% ;7,2% et 4,4%

Le marché de change était également caractérisé par une stabilité structurelle.

Il sied de souligner qu’à la suite de l’avènement de la crise sanitaire mondiale causée par la pandémie de Covid-19, l’économie congolaise est affectée à l’instar d’autres pays de la planète et des mesures conjoncturelles sont en train d’être prises progressivement pour juguler les méfaits de ladite crise et permettre aux entreprises de se maintenir.

Au niveau du marché des biens et services, il s’observe le regain de l’activité économique au cours de la décennie 2000, lequel est resté principalement marqué par les performances enregistrées au niveau du secteur primaire (principalement l’extraction minière et pétrolière). En effet, entre 2010 et 2014, la contribution moyenne de ce secteur à la croissance a été de 67,9%, nettement supérieure à sa contribution moyenne avant 2009 qui s’élevait à environ 17,6% entre 2006 et 2008. Le secteur secondaire (manufacture, bâtiments, industrie alimentaire) s’est également montré résilient avec une contribution moyenne de 11,7% après 2009 contre 2,6% entre 2006 et 2008.

La structure de l’économie du pays s’est fortement concentrée sur les 5 branches d’activité suivantes : (i) l’extraction, (ii) l’agriculture, la forêt, l’élevage, la chasse et la pêche, (iii) l’industrie manufacturière, (iv) le commerce et (v) le transport et la communication.

Pour renverser l’actuelle tendance de la structure de l’économie congolaise dominée par le secteur primaire, le Gouvernement de la République au travers de la mise en œuvre du Plan National Stratégique de Développement se propose de mettre en place la stratégie de diversifier son économie en s’appuyant sur le développement des secteurs et filières ci-après :

  1. L’agriculture et la chaine agro-alimentaire ;
  2. La forêt et les industries de transformation et de commercialisation du bois ;
  3. Les mines ;
  4. Les bâtiments et matériaux de construction ;
  5. Le tourisme et l’hôtellerie ;
  6. Les services financiers.

Dans une perspective de développement équilibrée des régions, la stratégie de diversification se traduira à travers la création de Points Lumineux de Développement « PLD » qui contiennent des Parcs Agro – industriels et/ou des zones économiques spéciales. Compte tenu des atouts naturels du pays et de la localisation géographique des ressources naturelles, le Gouvernement envisage le développement de Pôle de Croissance qui sont en réalité les PLD, vingt (20) parcs agro-industriels et plusieurs ZES.

ET SI LA RDC INVESTISSAIT DANS LA CULTURE ?

Comment la culture peut doper le développement économique et social ?

Départie de son identité culturelle, la ville n’est qu’une enfilade de centres commerciaux, boutiques. D’ailleurs, les villes les plus prospères du monde se reconnaissent à leur identité culturelle (New-York, Paris,…). Cependant, le rôle du secteur culturel et créatif dans le contexte de la croissance et de l’emploi reste largement ignoré. 

Ce n’est que récemment que l’on a commencé à  s’intéresser à  mesurer les performances socio-économiques du secteur culturel et créatif. Et l’exercice est loin d’être consensuel. Pour beaucoup, la fonction de la culture est « d’éclairer » ou de divertir, et son apport économique est considéré comme marginal, confiné au domaine de l’intervention publique. D’où le manque d’outils statistiques à même de mesurer la contribution économique et sociale du secteur culturel et créatif, que ce soit au niveau national, ou international, par rapport à  ce qui existe pour les autres secteurs économiques.

Une étude de la Commission européenne montre cependant comment la culture tire le développement économique et social, ainsi que l’innovation et la cohésion. Le secteur culturel et créatif est un secteur de croissance qui se développe plus rapidement que le reste de l’économie. La même constatation s’applique à l’emploi culturel. Le secteur pourvoit en effet de nombreux emplois, divers et requérant souvent un haut niveau de qualification. Là encore le secteur présente de meilleures performances que le reste de l’économie. Le secteur tire aussi la croissance d’autres secteurs de l’économie européenne, et en particulier le secteur des NTIC.

Quelques chiffres qui en disent long

L’impact socio-économique quantifiable du secteur culturel & créatif (Union Européenne) (Source: Commission Européenne Culture)
Son chiffre d’affaires s’élevait à plus de 654 milliards d’euros en 2003.
En comparaison, le chiffre d’affaires de l’industrie des fabricants de voiture s’élevait à 271 milliards d’euros en 2001 (rapport de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles, Bruxelles, mars 2006) et celui généré par les fabricants NTIC à 541 milliards d’euros en 2003 (chiffres pour l’UE-15, pays qui appartenaient à l’Union européenne entre 1995 et 2004).

La même année:

  • Les activités immobilières contribuaient pour 2.1% au PNB communautaire.
  • Le secteur manufacturier alimentaire, des boissons et du tabac enregistrait une contribution de 1.9% au PNB communautaire.
  • L’industrie textile enregistrait une contribution de 0.5% du PNB communautaire.
  • L’industrie chimique, du caoutchouc et du plastique contribuait pour sa part au PNB communautaire à hauteur de 2.3% (3)

Contribution à  la croissance:
La croissance globale de la valeur ajoutée du secteur a été de 19.7% en 1999-2003. La croissance du secteur en 1999-2003 était de 12.3% plus élevée à  la croissance du reste de l’économie.

Emploi
En 2004, 5.8 millions de personnes étaient employées dans le secteur, ce qui représente 3.1% des emplois totaux dans l’UE25.

Alors que l’emploi total a décru en 2002-2004 dans l’UE 25, il a augmenté dans le secteur culturel (+1.85%)

  • 46.8% des travailleurs dans le secteur ont au moins un diplôme universitaire (contre 25.7% dans l’emploi total)
  • La part des travailleurs indépendants est plus du double que dans l’emploi total (28.8% contre 14.1%)
  • Le secteur enregistre un taux de 17% de travailleurs temporaires (13.3% dans l’emploi total).
  • La part de travailleurs partiels est plus élevée (1 travailleur sur quatre contre 17.6% dans l’emploi total)

Qu’est-ce que l’emploi culturel ?

L’emploi culturel couvre à  la fois les emplois des professions de la culture exercées dans l’ensemble de l’économie (comme les activités de design), et tous les emplois dans les secteurs culturels de l’économie (activités économiques culturelles).
L’UNESCO a défini une nomenclature sur l’emploi culturel permettant de délimiter les professions du secteur. Il s’agit de la Classification Internationale Type des Professions (CITP) dans laquelle les professions culturelles désignent celles en rapport avec la production créative et artistique et la gestion et la préservation du patrimoine. Elles consistent :
– à  générer, développer, préserver ou refléter un sens culturel ou spirituel ;
– à  créer, produire et diffuser des biens et services culturels, qui sont généralement associés à  des droits de propriété intellectuelle ;
– à  travailler à  des fins d’expression artistique (arts visuels, théâtre, musique, littérature, danse).
Les professions de la culture sont des activités professionnelles avec une dimension culturelle, comme libraire, écrivain, artiste, architecte, etc. Toutes ces professions sont prises en compte, quelle que soit l’activité principale de l’employeur.
Les formations culturelles observées dans le cadre de l’étude sont l’ensemble des enseignements supérieurs permettant de développer les compétences correspondant aux emplois culturels.
Les entreprises culturelles représentent dans leur sens le plus strict les établissements et entreprises de production et de diffusion consacrés aux arts et lettres : arts d’interprétation (théâtre, musique, danse, opéra, cirque, etc.), arts visuels (galeries d’art, musées, etc.), bibliothèques et patrimoine.
Dans leur acception la plus large, elles comprennent les industries culturelles produisant et distribuant des biens et services culturels (film, CD, spectacles de variétés, édition, métiers d’art, etc.) et les médias (radio, télévision, journaux, périodiques, etc…)

Comment la culture peut-elle jouer un rôle moteur dans la transformation des entreprises ?

A première vue, on pourrait croire à une opposition entre l’entreprise et le monde de la culture. En effet, cet antagonisme revient à interroger le rapport de l’art à l’argent, souvent jugés incompatibles. Pourtant, les entrepreneurs et les acteurs créatifs et culturels peuvent parler le même langage car, qu’il s’agisse de la prise de risque ou de l’art, ils se dirigent tous vers l’inconnu. En outre, depuis quinze à vingt ans, l’art n’est plus contraire à la création de richesses car l’entreprise a désormais besoin d’innovation et de valeurs propres au secteur culturel pour se développer.

Nantes constitue à ce titre un bel exemple de territoire qui a su utiliser la culture pour favoriser son développement économique, à tel point que la ville est devenue un modèle au niveau mondial. La « branchement de la culture sur l’économie » a permis la construction d’une identité territoriale.

Finalement, en quoi la culture, et plus largement la création, peuvent-elles transformer l’entreprise ? Il existe un « enrichissement mutuel » entre le créateur et l’entreprise à partir du moment où l’on peut penser une structure dans le domaine culturel, à savoir s’affranchir de la simple production de l’objet pour le considérer dans un environnement plus global comprenant sa diffusion, son public… Tout produit doit dorénavant « inclure une dose de valeur culturelle » pour véhiculer du sens. L’appel à des artistes devient alors essentiel pour raconter une histoire et construire une symbolique autour du produit : afin d’élaborer l’offre commerciale, les entreprises doivent donc s’entourer de professionnels en mesure de comprendre ces créateurs.

Si l’on va plus loin, les industries culturelles et créatives peuvent même influencer les autres secteurs de production dans leur organisation. Le recours à l’art permet souvent de changer les comportements au sein de la structure ainsi que les relations entre les différentes parties prenantes.

La culture, un vecteur majeur de la mutation des entreprises ? Oui et oui !!!

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