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La chronique du 18 mai 2022 : RDC, une autre pédagogie est (toujours) possible !

L’Émile ou de l’Éducation de Jean-Jacques Rousseau, censuré et jugé scandaleux lors de sa parution au XVIIIe siècle (1762), n’a eu de cesse de relancer la réflexion sur la pédagogie : les enfants ne deviendraient-ils pas meilleurs… en dehors des murs de l’école traditionnelle ?

Ce rêve d’un apprentissage direct du monde a traversé les innovations entre autres de John Dewey ou de Maria Montessori.

Intéressons-nous davantage à Adolphe Ferrière, pédagogue suisse, co-fondateur en 1921 de la Ligue internationale de l’éducation nouvelle.

« Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. (… ) Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir. »

Mettre l’accent sur la figure de l’enfant, sur ses besoins et sur la nécessité de capter son attention comme condition pour rendre l’apprentissage possible est l’objectif principal de l’éducation propose.

La principale contribution de Ferrière est sa défense d’une école active en mettant l’accent sur l’utilisation de méthodes pédagogiques actives. Des méthodes dont le but est d’éveiller la curiosité et la créativité et de développer les capacités d’observation et de recherche des enfants.

Principes psychopédagogiques fondamentaux de cette proposition éducative

  • L’éducation doit être basée sur la confiance et l’authenticité, et s’ancrer dans une relation quotidienne avec les enfants.
  • Les enfants doivent être responsables et heureux en même temps. Selon Ferrière, c’est une question d’honneur pour les enfants de tout faire eux-mêmes. Et le rôle des adultes est d’aider les plus petits.
  • Les activités dans la nature sont essentielles et le plein air est une règle d’hygiène pour les enfants. Ils peuvent donc ramasser du bois de chauffage, grimper aux arbres et s’occuper du jardin (les bases de l’entrepreneuriat).
  • L’apprentissage est basé sur la mobilisation de centres d’intérêt tirés de la vie quotidienne. En d’autres termes, les enfants apprennent à lire en désignant des objets de l’environnement quotidien, à dessiner une plante recueillie dans le jardin et à faire des calculs en jouant au magasin.
  • Le travail individuel est alterné avec le travail collectif. Et, en outre, ces derniers doivent être développés sur la base d’explications pour tous les élèves.
  • L’éducation doit être fondée sur l’autodiscipline et la solidarité. Et elle doit également être basée sur la joie d’apprendre et non sur les leçons.
  • Sans violence, culpabilité ou sanctions, tout peut rester propre et en ordre.
  • Tous les enfants peuvent tester leurs qualités particulières et ainsi les exploiter au mieux de leurs capacités.
  • Les enseignants doivent mettre l’accent sur le sport, les jeux et l’artisanat dans les matières qu’ils enseignent.
  • Les évaluations sont basées sur des tests individuels et la participation à des discussions et débats de groupe. Et elles servent à mettre en commun, à contraster et à partager les expériences vécues dans les différentes activités d’apprentissage.

Activité et autonomie dans la pédagogie de Ferrière

Un enseignement qui vise l’indépendance, l’autodiscipline et l’autonomie et la faible présence de l’adulte dans le processus d’apprentissage. Pour cela, il est essentiel que l’éducateur ait confiance en l’enfant, en ce qui concerne la délégation des responsabilités.

En ce sens, la pédagogie de Ferrière représente un grand progrès par rapport à la figure du professeur et de l’élève, puisque, pour ce pédagogue, l’attention doit être portée sur l’enfant et non sur le cours magistral de l’adulte. Et, en outre, il s’agit d’un enseignement diversifié en fonction du stade de développement correspondant de chaque étudiant.

Des idées telles que la prise en compte des besoins de l’enfant et la nécessité d’éveiller son intérêt, par l’activité comme condition de son apprentissage et du développement de son potentiel, restent d’actualités.

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