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La chronique du 28 avril 2022 : l’intégration

L’humanité ne connaît pas encore le chemin de la paix

Son rêve avait pris demeure. S’étant construit pendant de nombreuses années, parfois secrètement, parfois même sans qu’il ne s’en rende compte. Une espèce de chemin qu’il arpentait sans trop savoir où il allait. Le destin a alors pris les commandes, il était libre et son envie allait l’y pousser. Tout cela est bel et bien étrange aux yeux de celui qui ne le connait pas, de celui qui ne voyage pas et qui est incapable de tomber amoureux de ce qu’il voit, de ce qu’il vit. Mais, alors que cet amour l’avait poussé à déposer ses valises, il s’est réveillé un jour ailleurs que là où il pensait vivre, là où il pensait finir sa vie. Ou commencer une nouvelle.

Cette approche pour lui est semblable parce que sa vie fut riche et parce que, irrémédiablement, toute chose a une fin. C’est ainsi. Dès le moment où l’on naît, on sait que la mort sera au bout du chemin. Il ne la craint pas. Et puis naître c’est mourir. Renaître aussi. Une nouvelle page se tournait à ses dépens, contre toute attente, contre sa volonté. Allait-il rebondir ?

L’homme aime à dire qu’il est normal, qu’il croit ce qu’il voit, mais se laisse néanmoins à croire au mieux. Ses voyages entre le vieux continent et sa terre de naissance lui ont donné l’occasion de se poser à différents endroits du globe avec comme mot d’ordre l’intégration. Il ne peut imaginer autre chose, lui, l’étranger. Cela lui semble normal. Tout homme décidant de s’installer se doit de s’intégrer, d’apprendre les us et coutumes des populations qui l’accueillent. Il en est persuadé. Cette vision naturelle des choses n’est pas toujours acceptée, ce lui vaut parfois des déboires. Déboires qu’il ne regrette pourtant pas avec le recul, mais qui lui ont fait mal sur le moment. C’est une réalité à laquelle il ne sait se faire, il ne saura se faire, celle qu’il réfute d’abord en tentant d’expliquer ce qu’il vit puis qu’il démonte plus violemment encore lorsqu’il ne se sent pas écouté. Pourtant, l’expérience est de son côté.

Bien des années plus tard, il a retrouvé l’Afrique, Il a retrouvé une autre Afrique ; elle a évolué, grandi malgré les terribles épreuves qu’elle subit encore. Il y avait pris ses quartiers en famille, ils avaient dû se résoudre à les quitter. Les souvenirs jaillissent, mais le présent a néanmoins mainmise sur le passé. L’Afrique, il aurait sans doute dû y naître, lui, l’adopté de l’Afrique.

Mais accepte-ton chez les expatriés bon chic bon genre qu’il s’intègre ? Il n’en a cure, d’où les déboires déjà énoncés. La sagesse doit-elle prendre le pas sur sa légendaire fougue ?
A-t-il grandi ? Dans un premier temps, il se dit qu’une réaction ne vaut pas la peine et donnerait de l’importance à des personnes aux égos surdimensionnés qui ne le méritent pas. Le second temps arrive pourtant à le faire changer d’avis : la discrimination ne lui plaît pas. Absolument pas.

Sacré caractère que celui-là. Trop tard pour changer. Au crépuscule d’une vie bien remplie, il continue à croire en un monde meilleur, un monde dans lequel femmes et hommes naîtraient véritablement égaux et auraient les mêmes chances de vivre pleinement. Il se sait utopique, mais n’en a cure. L’utopie qui l’abreuve, c’est aussi croire, espérer ; il sait, comme Thomas More d’ailleurs que ce qu’il décrit n’existe pas, n’est que le fruit de son imagination.

Si l’humanité ne connaît pas encore le chemin de la paix, son humanité lui insuffle un besoin d’aider, de partager. Il aide donc, dans la mesure de ses moyens, maladroitement parfois et même souvent d’ailleurs. On connaît la difficulté qui existe dans le domaine…aider sans tomber dans la sensiblerie du misérabilisme.

Mais qui est-il donc ?

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