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RDC – Emploi et entrepreneuriat : la vision de Kenny North

Kenny a mal à son pays, du moins c’est ce qu’il nous laisse entendre quand il parle de l’emploi en République démocratique du Congo.

Au Congo, il n’y a pas suffisamment d’entreprises, donc pas suffisamment d’emplois. Il faut qu’on crée plus, il faut plus investir dans l’entrepreneuriat, mais il se pose plusieurs problèmes :

1. l’accès aux financements.

Il y a tellement de Congolais qui ont des projets magnifiques, mais l’accès aux financements pose un sérieux problème, déjà que ce n’est pas du tout simple de s’autofinancer, mais pour un Congolais lambda, obtenir un crédit auprès d’une banque, c’est quasiment impossible.

2. La formation

Beaucoup se lance dans le monde de l’entreprise avec des titres dont ils ignorent la signification et le rôle et ce avec un déficit en compétences incroyable. Tu veux être CEO, mais tu ne connais ni la comptabilité, ni la fiscalité, ni le management, ni la loi : tu comptes aller où en étant si incompétent ? Les Congolais ne désirent pas comprendre qu’un entrepreneur n’est pas forcément un manager, tu peux créer ton entreprise et mettre quelqu’un d’autre à la tête.

3. Sérieux

Beaucoup de Congolais, qui se lance dans les affaires, ne sont pas du tout sérieux. J’ai déjà personnellement vu une personne, qui avait obtenu un crédit à la Finca pour son entreprise, utiliser cet argent pour aller se marier. Résultat ? Aujourd’hui il est en fuite, son affaire n’a jamais décollé, il a détruit sa vie. Une fois, j’ai même lu sur Facebook que dès que tu te mets en association avec un Congolais, il réfléchit déjà à la manière dont il va t’arnaquer ! Tristement vrai. Combien des jeunes utilisent l’argent des leurs entreprises, commerces pour acheter une voiture pour une maîtresse, aller boire dans les nightclubs ou s’acheter des costards hors de prix ? Séparer les actifs de l’entreprise et sa propre poche, apparemment, c’est une chose qui ne marche pas avec beaucoup de Congolais.

4. Le mativisme

Beaucoup se lance dans le monde d’entreprise juste pour être vu, obtenir le titre de CEO et poster les photos assis dans le bureau de son entreprise qui n’a pas des documents, ne réalise même pas de chiffre d’affaires. Il faut arrêter de croire qu’être entrepreneur est quelque chose de simple. Des entrepreneurs, qui n’ont pas connaissance de ce qu’ils font (zéro vision) proposent même des services qu’ils sont incapables d’expliquer.

5. Les secteurs

La majorité des jeunes sont dans les secteurs que je qualifie de soft. Je n’ai rien contre la communication ou l’événementiel, mais ça ne rapporte pas autant que les secteurs que j’appelle hard dont les jeunes ne veulent pas. Combien de jeunes ont déjà essayé de se lancer dans la production de makala, d’huile de palme, dans la production de kwanga, se lancer dans la vente de fufu ou masangu, ce n’est pas facile, mais pas aussi difficile qu’on ne le croit et ça ne demande pas souvent autant d’argent qu’on pense pour se lancer. Bien sûr qu’au début ça ne va pas être sexy, mais après ça va payer, si seulement le sérieux et le professionnalisme sont de la partie.

6. L’accompagnement du Gouvernement.

Être entrepreneur au Congo, c’est passer la majorité de son temps à régler les problèmes avec l’Etat dixit Yves Kabongo.

Le président Tshisekedi a dit qu’il allait créer des millionnaires, mais jusque-là aucune politique n’est mise en place pour concrétiser tout ça, le gouvernement ne fait rien pour régler les problèmes de financement, la concurrence déloyale des étrangers envers les entrepreneurs congolais, les tracasseries administratives, etc. … Aujourd’hui on est admiratif devant les milliardaires nigérians, sud-africains, etc. .. mais on ne souligne pas assez que la majorité d’entre eux sont le fruit des politiques mises en place par leurs gouvernements respectifs pour créer des champions nationaux. Chez nous on est encore dans la distraction !

Pour le développement de notre pays, on a besoin de plus d’entreprises créées et détenues par les Congolais. Aucun pays ne peut se développer avec son économie aux mains des étrangers précise Aliko Dangote. On a besoin de reprendre notre économie en main, pour ça on a besoin d’être accompagné, de sérieux, de vision et d’audace.

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