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Football africain : donne-moi ton âge, je te dirai que tu triches !

Le titre n’est pas anodin, il a déjà été utilisé en 2013 par Boukari Ouédraogo, journaliste multimédia et blogueur burkinabè.

Dans son article Boukari énonçait ceci : « difficile de connaître l’âge réel d’un footballeur africain. Lors des compétitions des petites catégories notamment la compétition des moins 17 de la FIFA, le constat que l’on fait en général, c’est que les jeunes représentants du continent africain sont plus costauds que leurs camarades des autres continents ».

Depuis, peu de choses ont véritablement changé. Les deux articles qui suivent n’ont de cesse de le démonter, l’un en 2017, l’autre en février 2022.

Falsifier son âge pour aller en Europe

« Pourquoi font-ils cela ? D’abord, cette manière de procéder permet à certaines nations d’Afrique de s’imposer dans les compétitions de petites catégories. Ainsi, des joueurs de plus de 20 ans, mais prétendant avoir moins de 17 ans se retrouvent à disputer des compétitions de cadets d’abord entre eux, et ensuite contre des enfants âgés réellement de moins de 17 ans. Mais, le jeu est faussé.

Ensuite, il y a les agents de joueurs, qui dans l’optique de placer des joueurs à l’étranger, fabriquent de faux documents pour eux. Les joueurs ne comprennent pas tout de suite que cette tricherie ne les aide pas. Elle tue le football et le talent. Pour intégrer les centres de formation, c’est la même procédure. De vieux joueurs qui ne seraient même pas remplaçants s’ils jouaient avec des gars de leur âge trichent pour se faire recruter. Beaucoup de recruteurs sont conscients du phénomène, sont informés, mais ferment les yeux ou même y participent !

Lorsque des agents de joueurs repèrent un joueur jugé vieux, ces derniers les aident à faire de faux documents en diminuant leur âge. Les autorités administratives y contribuent puisque ces papiers sont faits dans les mairies, les commissariats, les préfectures… Après cette étape, ils mettent tout en œuvre pour que ce joueur puisse jouer en équipe nationale des petites catégories pour être vendable.

La conséquence de tout cela, c’est que ces petits génies repérés supposément jeunes n’arrivent pas à percer au moment même où ils sont attendus (…) »

Depuis, peu de choses ont changé comme en témoignent les deux articles qui suivent : l’un de 2017, l’autre, bien plus récent de février 2022.

L’âge des joueurs, le cancer du football africain

Ça fait des années que tout le monde le sait, mais personne ne fait rien. On préfère en rire, comme lors de l’excellente rubrique de Julien Cazarre dans J+1. En Europe, où on est toujours plus intéressé par les joueurs africains au rapport qualité/prix imbattable, on a mis des œillères. Rien ne change depuis des années et la pratique s’est généralisée dans toute l’Afrique noire. Tant que ça ne nuit pas au business, on fait avec. Seulement sur place, cette formule est en train de prendre une tournure dramatique pour la pratique du football des jeunes, qui pâtit de ces générations de joueurs qui ne vieillissent pas. Les jeunes se morfondent à attendre leur tour, avant, eux aussi, de « couper » leur âge.

Sérieusement, « tu es né à quel âge ? »

Sans avoir été officiellement élucidées, de nombreuses affaires se sont succédé. Apoula Edel, Chancel M’Bemba, Freddy Adu, Taribo West, Rigobert Song, Samuel Eto’o, et beaucoup d’autres joueurs ont vu leur âge remis en cause à un moment ou un autre de leur carrière. Le parti de laisser faire a été pris et la pratique du changement d’âge des joueurs a proliféré en Afrique. Aujourd’hui, personne n’y échappe. Quelques cas avérés de triche sur l’âge réel ont défrayé la chronique ces dernières années. Avec les sélections nationales dans les catégories de jeunes, de nombreux joueurs ne passent pas le test de l’IRM du poignet. D’autres passent entre les mailles du filet alors qu’il ne fait aucun doute sur la triche. Le test est-il fiable ? Les conditions dans lesquelles ils sont réalisés sont-elles règlementaires en Afrique ? À la vue des cas qui interviennent en Europe, comme avec Joseph Minala, qui jouait avec les catégories de jeunes de la Lazio, la question mérite de se poser.

Alors bien sûr, on trouvera toujours quelqu’un pour argumenter qu’on rencontre des Romelu Lukaku, des LeBron James, des Giánnis Antetokoúnmpo et d’autres forces de la nature aux caractéristiques physiques incroyables très tôt dans leur vie (tous ont vu leur date de naissance validée par l’administration belge, grecque, ou US), ou encore que les Africains subissent leur croissance plus tôt. Mais ne soyons pas naïfs. Bien sûr les capacités physiques de certains athlètes sont incroyables, mais combien sont-ils ? Au quotidien dans les rues de Cotonou au Bénin, on croise des gens au physique normal, alors comment expliquer cette multitude de jeunes joueurs aux allures d’adultes qui participent aux compétitions de jeunes, ou remplissent les centres de formation ?

Omerta généralisée, ignorance, les deux ?

Dans ce jeu de dupe, tout le monde y trouve son compte. Clubs, fédération, recruteurs, agents, intermédiaires, formateurs, académies et donc joueurs. Comment est-il envisageable de ne pas remettre en cause l’âge de certains joueurs, aux vues du développement de leur corps, et des traits déjà bien dessinés de leurs visages, ou encore une pilosité postpuberté évidente (!) ? Il s’agit quand même d’une triche et d’un manque de Fair-Play de premier ordre. L’équité sportive n’est plus préservée. En diminuant leurs âges, les joueurs se donnent la possibilité de réaliser des performances surprenantes pour leur catégorie. C’est aussi pour cela que les sélections de jeunes africaines font souvent de très bonnes performances dans les Coupes du Monde de jeunes avec une multitude de joueurs qui disparaissent des radars une fois qu’ils sont opposés à des adultes. Forcément, quand on joue à 22 ans contre des ados de 16 ans, on part avec un sacré avantage. Ce n’est malheureusement qu’une illusion.

Les nombreux partisans de ce système peuvent s’appuyer sur une administration laxiste qui permet cette tricherie généralisée. La présentation d’une pièce justifiant le nom et le prénom permet de réaliser un acte de naissance signé et tamponné. Il suffit de donner la date de son choix et on a le document nécessaire à la réalisation d’une nouvelle pièce d’identité. Dans une administration encore manuscrite, il n’est de toute façon pas envisageable de pouvoir consulter à distance le registre de l’hôpital ou de l’autorité compétente qui a enregistré la naissance, surtout s’il est dans un village ou une petite commune où les archives peuvent être confrontées aux intempéries. Les fédérations sont forcément au courant de cette pratique qui octroie des licences aux données différentes d’une saison sur l’autre pour un même joueur (relire le cas de Chancel Mbemba). Pourtant, la FIFA a mis en place un système de suivi des transferts (TMS) qui permet un enregistrement de tous les mouvements de joueurs dans une base de données. Logiquement, au premier changement de club, le joueur doit se voir déterminer un âge et donc se retrouver dans l’incapacité de le changer. Il y a forcément une faille quelque part.

Les premières victimes sont les joueurs

Ce qui est triste dans cette affaire, c’est quand de jeunes joueurs viennent demander à changer leurs âges pour pouvoir participer à une compétition d’une catégorie qu’ils ont déjà dépassée. Ces demandes sont l’aveu d’enfants à qui personne n’a dit qu’il faut grandir et passer à autre chose. Au contraire, on les y encourage et souvent ces conseils viennent des entraineurs. Pourtant, la norme voudrait que l’élite sportive soit sélectionnée selon des critères précis, afin de permettre d’accroitre les performances, l’âge en étant un. Bien sûr, ce n’est pas facile à annoncer, car les joueurs font beaucoup de sacrifices pour atteindre ce niveau et souvent depuis leurs plus jeunes années. Mais c’est le rôle des éducateurs et ça fait partie de la dure sélection des athlètes de haut niveau. À l’heure actuelle, ils ne le comprendraient pas, c’est évident. La généralisation de cette pratique fait que certains de leurs coéquipiers sont plus vieux ou nés la même année qu’eux, mais sont pourtant officiellement reconnus comme plus jeunes et ont le droit de jouer. Dans ces conditions, la règle du « pourquoi lui et pas les autres ? » prévaut.

Car oui, ne croyez pas que ces joueurs qui demandent de changer leurs âges sont seulement la prochaine vedette de la sélection. Il ne faut pas attendre les compétitions de la CAN ou de la FIFA. Détection pour intégrer une académie, tournois de centre de formation, compétition sous régionale et même un tournoi de quartier, tout est bon pour justifier de renaître instantanément avec quelques années de moins. Tous les joueurs qui se débrouillent bien, s’entrainent, mais n’ont jamais eu cette étincelle pour pouvoir briller individuellement et attirer l’œil des recruteurs, agents, scouts… Peut-être en grande partie parce que leurs coéquipiers et adversaires étaient plus vieux qu’eux. Enfin seulement peut-être, puisque les papiers disent le contraire. C’est là le paradoxe d’un système qui gangrène complètement le football en Afrique subsaharienne. La pratique du football par les jeunes est complètement délaissée par les autorités, les centres de préformation « référencés » et reconnus par les fédérations sont inexistants (ou presque). Jusqu’à 14/15 ans, la pratique du football est informelle en Afrique (mettons quand même une nuance à cette affirmation sur certains cas exceptionnels, comme les pays du Nord, et l’Afrique du Sud dont je ne maitrise pas suffisamment l’étendue de l’organisation de leurs systèmes administratifs de référencement). Alors, une très grande majorité des joueurs qui sont dans les championnats locaux de tous ces pays, mais aussi une bonne partie des joueurs qui sont dans les centres de formation ont changé leurs âges au moins une fois. Vous imaginez donc bien que peu de joueurs passés par la formation africaine ont leur vrai âge. Bonne chance pour leur souhaiter leur(s) anniversaire(s) ! C’est le test ultime, c’est là qu’on reconnaît les vrais. Ceux qui étaient là au début. Un test que Claude Leroy a loupé. Un matin, le sélectionneur des Lions Indomptables est allé toquer à la porte de son capitaine Rigobert Song pour lui offrir un survêtement pour son anniversaire. Raté, et en beauté ! C’est pourtant la licence qui avait donné l’information au coach.

L’iceberg qui peut couler la FIFA ?

On a pourtant des exemples forts sur lesquels on pourrait s’appuyer. Prenons Japhet N’Doram. Rien que l’évocation de son nom évoque le respect dans le milieu du football. Son parcours remarquable devrait être un modèle pour les jeunes, et une référence. Japhet N’Doram est arrivé à Nantes à 24 ans. Avec lui, les canaris ont gagné des titres, car Japhet avait beaucoup de talent. Il a même éclaboussé la première division de toute sa classe. Il faut dire qu’à l’époque on allait chercher le talent et non pas le potentiel. Maintenant, les footballeurs sont devenus des objets de spéculation. Pour exister, les clubs doivent vendre et pour faire de la plus-value, il faut du potentiel à exploiter. Le paradoxe de ce système, c’est que pour qu’il fonctionne il faudrait pouvoir être sûr de l’âge des joueurs que l’on recrute… l’âge étant une variante indispensable au calcul du potentiel.

Il faut vraiment que la FIFA, la CAF et même le CIO, s’inquiètent de cette pratique, car ce sont toutes les disciplines qui sont maintenant touchées, Hommes et Femmes. Il faudra passer par une remise en question générale pour en finir avec ce système. Tout le monde doit être conscient de l’effet néfaste que cela a sur le sport à la base. Le Mexique s’était fait attraper en 1988 (affaire des cachirules qui avait entraîné l’exclusion de la sélection A et ainsi son absence à la Coupe du Monde 1990), des sélections en Asie avaient été suspendues par l’AFC en 2008. La CAF, elle ne dit rien. Son silence est complice et coupable. Seule la FIFA peut imposer l’informatisation des données des joueurs des catégories de jeunes, seul moyen de pouvoir limiter l’étendue de ce fléau. En espérant que si cela devient plus difficile et répréhensible de pouvoir tricher, cela limitera les candidats à la découpe de l’âge.

De toute façon, ces pratiques ne fonctionnent pas dans le sport de haut niveau. Il suffit de regarder les résultats pour s’en convaincre. Couper son âge s’apparente à une triche archaïque, un aveu de faiblesse, ou plutôt un cri de détresse lancé par ces millions de sportifs qui n’ont pas les capacités de se former à la même vitesse que leurs homologues du reste du monde. Il est temps que les autorités réagissent, ce cancer est en passe d’atteindre l’ensemble des acteurs du mouvement sportif africain. À moins qu’il soit déjà trop tard ?

Pierre-Marie Gosselin à Cotonou (2017)

« 20 ans hors taxe » : en Afrique, la fraude sur l’âge des footballeurs persiste malgré des contrôles renforcés

Se rajeunir permet aux joueurs du continent de faire une carrière plus longue et parfois plus prestigieuse, au risque de se blesser plus souvent et de décevoir.

Dernier exemple en date de fraude présumée, le cas Nwankwo a rallumé la polémique sur la fraude à l’âge des joueurs africains malgré les efforts déployés pour endiguer le phénomène. L’ancien international sénégalais Guirane N’Daw, passé notamment par Sochaux, Metz et Saint-Etienne, l’avait reconnu sans ambages au début de l’année 2020 : « Comme tous les Sénégalais, j’ai triché sur mon âge (…). En Afrique, je ne dis même pas au Sénégal, le joueur qui ne diminue pas son âge ne pourra pas être professionnel. » La même année, le Belge Karel Brokken, directeur de la West African Football Academy au Ghana, estimait que le phénomène concernait « 95 % des joueurs africains ».

En cas de doute, on dit de l’impétrant qu’« il a 20 ans hors taxe ». De nombreux footballeurs ont ainsi été épinglés ces dernières années, du Camerounais Joseph Minala, lors de son transfert à la Lazio Rome en 2014 alors qu’il avait officiellement 17 ans, au Nigérian Victor Emenayo à l’occasion de sa signature à Shahdag Qusar en Azerbaïdjan en 2016, en passant Francis Uzoho, le gardien des Super Eagles du Nigeria lors de la Coupe du monde 2018. L’âge de certains joueurs de renommée internationale comme les Camerounais Rigobert Song, Roger Milla et Samuel Eto’o et les Nigérians Nwankwo Kanu et Taribo West avait également été remis en cause, mais sans qu’aucune preuve formelle ne soit avancée.

« Pression sociale forte »

Ce n’est pas un hasard si l’Afrique subsaharienne concentre la totalité des cas récemment déclarés. « Dans certains pays, et encore davantage dans des endroits reculés, les parents attendent parfois plusieurs mois, voire plusieurs années, avant de déclarer la naissance d’un enfant », explique le dirigeant d’un club sénégalais qui a souhaité rester anonyme. Mais les fraudes peuvent intervenir plus tard.

« Par exemple, un joueur qui a officiellement 23 ans va obtenir un faux extrait de naissance auprès d’un fonctionnaire municipal contre un peu d’argent, afin d’être transféré dans un club européen et d’avoir une chance de faire une carrière plus longue. Il y a en Afrique une pression sociale importante et pour un joueur issu d’un milieu très modeste, c’est une opportunité de sortir, sa famille et lui, de la précarité », précise ce même dirigeant.

D’après Eugène Diomandé, le président du Séwé Sport de San Pedro (Côte d’Ivoire, Ligue 1), « la triche est en moyenne de trois ans entre l’âge réel et l’âge annoncé, même si on nous présente des papiers officiels ». « J’ai parfois refusé la signature des joueurs qui affirmaient avoir 16 ou 17 ans alors qu’ils en avaient visiblement 24 ou 25, car ils mesuraient 1,85 m et avaient les traits d’un adulte !, ajoute-t-il. Car il y a forcément des conséquences liées à cette fraude : un joueur qui a triché et qui dit avoir 26 ans alors qu’il en a 30 va devenir moins performant avec l’âge, et il sera davantage exposé au risque de blessure, et son club sera lésé. »

Éclaboussées par ces affaires à répétition, les institutions sportives du continent ont renforcé les contrôles. Depuis 2018, la Confédération africaine de football (CAF) fait effectuer des examens IRM pour évaluer l’âge osseux avant certaines compétitions continentales réservées aux mineurs. Certains résultats ont conduit l’instance à exclure de ses tournois des joueurs convaincus de fraude, ou même de sélections entières comme celle du Bénin, de la Guinée ou de la Gambie. Le test, qui s’effectue au niveau des poignets, est réputé fiable, mais les clubs y ont rarement recours en raison de son coût élevé et du faible nombre d’hôpitaux équipés.

« Sommes d’argent en jeu »

« Il y a quelques années, la fraude s’organisait à des cadences presque industrielles, c’est un peu moins le cas aujourd’hui, observe néanmoins Eugène Diomandé. Certaines fédérations assurent un meilleur suivi des joueurs professionnels via des photos, des empreintes. Dans les clubs, on se fie à notre instinct, à l’apparence physique, on essaie de remonter le parcours scolaire pour vérifier l’état civil. »

L’ASEC Mimosas (Côte d’Ivoire), qui possède l’une des académies les plus réputées d’Afrique et a formé de grands joueurs ivoiriens comme Yaya Touré, Kolo Touré ou Gervinho, multiplie depuis plusieurs années les initiatives pour s’assurer que l’âge de ses jeunes joueurs soit le plus proche de la réalité. « Les plus jeunes intègrent l’académie vers 11-12 ans. On demande des renseignements aux maternités, aux écoles, nos médecins effectuent divers examens pour contrôler qu’ils ont bien l’âge annoncé, mais c’est compliqué d’en avoir la certitude absolue », note Benoît You, le directeur général.

Les clubs européens, qui n’ignorent rien de ces réalités, semblent dans certains cas s’en accommoder. Interrogé sur le rôle des agents dans cette fraude, le Français Stéphane Canard, par ailleurs président de l’Union des agents sportifs du football (UASF), rappelle que les membres de la profession « ne peuvent que se baser sur les documents officiels, passeports ou cartes d’identité, fournis par les joueurs. Ils n’ont pas le pouvoir d’effectuer des vérifications sur l’état civil et doivent faire confiance aux administrations qui ont émis ces papiers. » « Les sommes d’argent en jeu lors des transferts sont telles que les magouilles, même s’il y a plus de contrôles qu’avant, vont continuer », conclut un autre agent sous couvert d’anonymat.

Alexis Billebault (février 2022)

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