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Une histoire parmi d’autres, préparation d’un prochain ouvrage ?

Pour celles et ceux qui le connaissent, la bonne humeur passe avant tout les aléas qui peuvent le toucher. Cependant, et pour reprendre une partie d’un slogan publicitaire d’antan, « trop, c’est trop ». Oui, c’est cela même. Cette expérience lui font douter, une nouvelle fois, de la bienveillance, de l’honnêteté de l’Homme. Ce ne sont pas les sous-entendus masqués sous un discours qu’on a tenté de lui faire passer qui lui feront couler des larmes de compassion. Oui le passé de cet homme a été difficile, oui, il a aidé beaucoup de gens, oui. Mais que sait-il du parcours de Claude ? Marcel, parce qu’il aurait été floué par les uns – conditionnel, je précise – et frustré de ce fait, s’est vengé. Caractériel avez-vous dit ? On en est proche. Égocentrique aussi ? Oui, dans le sens où Claude n’a été considéré que comme un outil. Marcel, n’a cependant pas que des tares, Claude le pense sincèrement, mais, c’est lui, passant par-là, qui a tout pris.  

À votre santé, vraiment ?

« Si boire un petit coup est agréable, si boire un petit coup c’est doux, il ne faut pourtant pas rouler dessous la table », nous dit la chanson. Marcel n’en est pas encore à y rouler, du moins il n’a pas été vu dans pareille situation, mais une consommation excessive d’alcool peut entraîner des troubles de la mémoire, de la planification, d’attention, de prise de décision…. Cela peut même déboucher sur un syndrome de Korsakoff, maladie du cerveau qui altère la mémoire de manière irréversible.

Une histoire, encore une

Marcel avait fait venir Claude pour gérer une de ses enseignes en lui payant les billets d’avion, en lui précisant qu’il serait logé, nourri, blanchi, avec un salaire de base évolutif, une mise en ordre du visa, une assurance prévue comme le fonds de pension. La proposition était alléchante même si quelques points restaient encore à débattre. Claude s’était alors dit qu’une nouvelle aventure commençait malgré le fait qu’il était novice en la matière et que sa famille allait pouvoir bénéficier d’une vie sereine.

Arrivés sur place, Claude et son épouse furent agréablement accueillis. Il lui fut précisé que l’endroit où il allait devoir œuvrer n’était pas prêt et qu’il allait alors, dans un premier temps, travailler ailleurs.

Claude fit rapidement des propositions, aidés en cela par des professionnels du métier qu’il avait dans ses connaissances. Seule une fut acceptée, celle d’offrir des arachides aux clients ! Quatre pages de suggestions pour des cacahuètes ! Il en souriait. Il dut aussi remplacer des ampoules, des piles, répondre à diverses questions des clients. Il s’exécutait sans broncher. Ce n’était pourtant pas la tâche qu’on lui avait attribuée.

A chaque rencontre avec Marcel, ce dernier lui racontait sa vie ; son passé, son présent et même son avenir, se répétant sans cesse. Sans doute avait-il besoin d’une oreille attentive, sans doute voulait-il impressionner Claude. Marcel lui promettait monts et merveilles, qu’avec la formation qui allait lui être proposée, il ne tarderait pas à avoir d’autres opportunités. Claude était en effet sous le charme, ne s’inquiétant d’ailleurs plus du contrat qui devait lui être soumis pour signature et qui tardait à lui être présenté. Les « tu es un bon élément, honnête, courageux, soucieux d’apprendre » lancés le confortait dans l’idée d’un radieux futur. Même les « tu n’es cependant pas du métier » ne l’inquiétait pas outre mesure. Sacré Claude, toujours à penser que l’Homme est bon…

Après quelques jours, il se rendit rapidement compte qu’il était entre le marteau et l’enclume ou, si vous préférez, coincé comme le jambon entre deux tranches de pain. En effet, Marcel et l’un de ses fils n’étaient pas sur la même longueur d’onde. Papa patron, avec deux autres associés, et fiston, gestionnaire de l’ensemble du complexe, n’avaient pas la même vision des affaires. Fiston étant là pour assurer la pérennité du lieu.

Plus surprenant encore, Il fut demandé à Claude de ne pas faire état de sa profession initiale. Pour les clients, il devait se définir consultant. Pourtant Marcel le présentait à tout le monde comme étant un nouveau collaborateur en mentionnant son diplôme.

Les jours avançant, Claude se mit à la recherche d’un appartement qu’on meublerait pour lui et pour lequel il disposerait d’un défraiement. Cependant la question de la définition précise de sa tâche restait en suspend et le contrat toujours absent : Claude avait l’impression d’être un homme à tout faire. Les deux mois d’essai étaient-ils la raison de l’absence de document ? Malgré ce questionnement, faisant toujours confiance en Marcel, il se mettait au travail dès 6 h 30 pour terminer aux alentours de 22 h 30 voire davantage. Ça lui plaisait. Un horaire lui fut même proposé pour le mois suivant, un horaire plus conventionnel.

Un premier couac après une dizaine de jours

Alors que l’absence de contrat écrit était persistante, l’épouse de Claude eut l’idée de faire part de ses inquiétudes à Marcel. Elle fut royalement envoyée sur les roses par un « ce n’est pas vous que j’ai engagé, mais votre mari et c’est avec lui que je parlerai dorénavant ». Un fait qui eut l’effet de plonger Claude dans une colère contenue d’autant que Marcel lui relata les choses à sa manière. On était loin de la tournée des rois promise au couple le jour précédant.

Il se décida donc à mieux observer son patron. Étudier le comportement de ses supérieurs permet en effet d’apprendre beaucoup de choses. Rapidement il comprit qu’il était inutile d’échanger avec lui après 17 h pour les raisons évoquées dans le préambule de cette histoire et qu’en placer une était impossible.

En cette de mois, une journée fut cependant marquée d’étoiles. Son épouse venait de donner naissance. Étant au travail, Claude ne put la rejoindre qu’en fin de journée. À son retour, Marcel lui offrit un verre et lui rappela, une fois de plus, que c’est lui qui avait conseillé le médecin, l’hôpital et qu’il allait maintenant les placer dans un appartement dont il était propriétaire. L’ayant déjà remercié à plusieurs reprises, cette sempiternelle répétition des mêmes propos, au besoin de reconnaissance sans doute, commença à inquiéter Claude quant à la santé mentale de Marcel.

Le lendemain, alors qu’il lui avait été signifié un « congé » pour être auprès de son épouse et de sa fille, il lui fut demandé, à son retour de la maternité, de passer au bureau. Marcel lui annonça alors qu’il mettait fin au contrat, qu’il n’avait d’ailleurs pas encore, en lui laissant entendre qu’il pouvait bénéficier de son logement momentané pendant quelques jours encore, qu’il était quelqu’un d’honnête, mais pas de métier (bis repetita) et qu’un vrai professionnel allait arriver de France… Décision des associés, disait-il. Marcel ajouta aussi que la personne qui avait recommandé Claude lui avait quelque peu menti sur sa profession, ce qui allait à l’encontre de tout ce que Marcel avait déjà pu dire. De plus, ce dernier avait bien reçu le CV de Claude avant de l’engager. Marcel lui demanda aussi s’il souhaitait rester en ville et que dans le cas contraire, il lui paierait des billets pour rentrer « chez lui ». Il ajouta même qu’avec ses nombreuses relations, il pourrait lui trouver du travail – promesse de plus sans doute pour que Claude se taise –. Pourtant, quelques jours auparavant, Marcel lui disait encore qu’il allait le former, qu’il était dans le bon, volontaire et soucieux d’apprendre. Au rayon reproches, des clients se plaignaient, précisait le même Marcel. C’est vrai : du bruit intolérable des climatiseurs et d’un tas de choses desquelles Claude n’était pourtant pas en charge. L’incompréhension rejoignant ainsi la perception que Claude était en train de se faire de son ex-patron.

Une heure après cette annonce, alors que son honnêteté le poussait à poursuivre sa tâche jusqu’à la fin, deux employées se prirent la tête devant lui et un ministre. Malgré le fait qu’il n’était plus en fonction et qu’il n’avait jamais eu l’autorisation de gérer le personnel, Claude tenta de calmer les deux incriminées avec l’aide du ministre présent, cela sans succès. Étant donné la situation et n’ayant aucun membre de la direction dans les parages, il décida d’attendre le lendemain matin pour en faire part à la personne chargée des ressources humaines ainsi qu’au fiston, gestionnaire. C’est en soirée qu’il fut pris violemment à partie par Marcel, ce dernier étant accompagné d’un autre de ses fils fraîchement débarqué sur place. Il ne put piper mot, aucune possibilité de préciser ce que Marcel lui avait signalé auparavant. Dans le même temps, son ex-boss signifia aux employés qu’il ne pouvait plus servir de boissons à Claude. Malgré le fait que la moutarde lui montait au nez, ce dernier garda son calme.

Le surlendemain, alors qu’il s’activait aux quelques tâches matinales dont il se savait responsable toujours dans l’intention d’aller au bout des choses, Claude fut à nouveau quelque peu « violenté » par le même personnage, hurlant sur le parking. Lui lançant du Monsieur, Marcel lui annonça qu’il devait rendre les clés, ne plus lui adresser la parole et commander ses repas par la cuisine ! Claude, malgré tout, voulut s’exprimer et se vit recevoir un « je suis encore le patron ici » en pleine figure.

Il se dit qu’un chien qui aboie ne mord pas, Claude n’en était plus certain ! Sur cela aussi, on lui expliqua qu’il n’était pas responsable de ce qui lui arrivait, c’était la faute à… C’est pourtant Claude qui essuyait les plâtres.

Un mois d’apprentissage

Pourtant, toujours perfectionniste dans ce qu’il entreprenait, Claude avait appris, tant bien que mal, à ménager la chèvre et le chou ; il proposait des suggestions avec les précautions oratoires d’usage.

Que devait-il faire quand Marcel lui disait de procéder d’une manière et que le lendemain le fils, responsable de la gestion, lui répondait que cela compliquait son travail et que cela ne l’aidait en rien. Que faire quand il demandait à ce que les choses soient dites entre le père et le fils et que cela ne se faisait pas ? Ménager l’un, respecter l’autre et, de toute façon, subir les remarques. Tel était le lot auquel il s’adaptait néanmoins.

Sans doute aurait-il été plus simple, au lieu de tout ce fatras de conneries, de lui signifier les choses correctement et lui laisser le temps de se retourner. Selon bon nombre de personnes, il s’avère que cette manière de procéder est propre à Marcel. Claude n’avait pas à juger ce qui avait été, il ne parlait que d’une situation vécue. L’abus d’alcool y est pour quelque chose assurément.

Un mois jour pour jour après son arrivée, il lui fut donc signifié qu’il devait quitter les lieux et que son passeport lui serait remis 2 jours après. Le sésame étant toujours chez qui de droit pour la prolongation du visa.

C’est avec sa famille qu’il quitta les lieux, après avoir reçu son solde, sans aucun billet d’avion, non sans avoir été salué par les employés. Il y avait chez eux de la tristesse, mais surtout de l’humanité.

Claude nous citera, avant de nous quitter, un extrait de la traduction de l’Éloge de la folie d’Érasme ainsi qu’un paragraphe du Prince des amphores de Frank Giroud.

« Parmi les louanges qu’on donne à Bacchus, la plus glorieuse sans doute, c’est qu’il dissipe les soucis, les inquiétudes et les peines. Mais ce n’est pas pour longtemps : l’ivrogne cuve son vin, et les chagrins reviennent en poste ».

« De toute éternité, l’univers a compté plus de suce-goulots qu’il n’y a d’honnêtes gens, plus d’ivrognes que de dames de charité, plus de fesses-tonneaux que de chênes pensants. »

Il ne lui restait plus qu’à trouver un autre logement, attendre le retour de son passeport et se mettre en quête d’une nouvelle et positive aventure, si possible. Son passeport, il le récupéra plus de 15   jours après avoir quitté les lieux, heureux néanmoins de ne pas avoir eu d’ennuis ayant été sans papiers pendant un certain laps de temps.

Claude venait de voir sa vie à nouveau basculer. Il se jura pourtant de ne pas en dire plus sur ce qu’il avait appris sur Marcel de la bouche même de ses proches. Après tout, selon les termes qui lui furent assénés, il n’était qu’une victime (sic) d’un mensonge de la personne qui l’avait recommandé auprès de Marcel. « C’est la faute à… », une fois de plus ! Oui, de l’ironie pour en terminer. Sacré Claude. Quand on connaît l’homme qui l’avait recommandé, il est difficile de croire à un mensonge de sa part.

(à suivre)…

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