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Les apparences

Les apparences

Je ne sais par quel enchantement ou sortilège, je me suis retrouvé sur la couverture d’un livre, entre un renard et un petit garçon. À la vue de ce dernier, parce que le premier, de prime abord, n’avait rien de particulier, je me suis cru à une lointaine époque. L’enfant était accoutré d’une espèce de combinaison verdâtre délavée et d’un nœud papillon rouge. Jaunes étaient ses cheveux, hirsutes aussi d’ailleurs. Son bonjour me désarçonna parce qu’il me donnait cette certitude d’être là où j’étais : sur un livre. Je ne savais comment j’étais arrivé là, lui ne semblait pas être étonné. Mon où suis-je le laissa imperturbable. Le renard me fixait aussi, me prenait-il pour un corbeau ? Allait-il me jouer un tour à la manière de La Fontaine ? Voilà que j’errais encore dans des pensées les plus farfelues qui soient.  

C’est alors qu’il me lança un « Je vous ai rêvé, Monsieur parce que j’étais seul et je voulais un peu de compagnie ». Décidément cet endroit me laissait de plus en plus perplexe et quelque peu apeuré. Qui était donc cet étrange petit bonhomme ? Que faisais-je ici ?

Mon visage eut l’art de transcrire mes pensées ; il répondit à mes questions sans pour autant que ma bouche n’ait livré mots.

« Je suis le Petit Prince, le héros malgré lui, d’un ouvrage de Saint-Exupéry. Un livre que vous avez sans doute lu lorsque vous étiez adolescent ». Vous avez pris un « vol de nuit », un songe, vous y êtes encore d’ailleurs, mais ne vous réveillez pas, nous avons des choses à nous dire.

De quoi pouvais-je donc parler avec un enfant aussi ridiculement habillé et accompagné d’un renard ? Perplexe j’étais encore et toujours. Il me parla d’amitié, de confiance. Il ne s’arrêtait pas, un vrai moulin à paroles. Il me lança même un « Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis » auquel je ne pus répondre qu’un oui, c’est vrai.

Ce petit bonhomme que j’avais jugé sur ses vêtements en avait donc dans la tête.

Je me réveillai soudainement avec, en tête, cette phrase tellement simple et complexe à la fois : il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui.

Mais avais-je vraiment rêvé ?

Les apparences sont souvent trompeuses et s’arrêter à la couverture de quoi ou qui que ce soit est dans doute l’erreur que nous commettons encore trop souvent.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

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