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Vivre livre et lire libre

Il m’a fait découvrir le monde et les hommes, du moins en partie. Mes doigts ont caressé bon nombre de ses pages. Un papier, parfois jauni, qui a autant à raconter que les mots qui y sont couchés. Mes doigts, parfois maladroits, hésitants ont écorné quelques feuilles à la crainte d’une mémoire défaillante. Ces pages, tournées, retournées, maudites parfois.

Oui, toi le livre que j’ai pu haïr quand il était obligation, mais que j’ai aussi aimé en faisant sa connaissance : coffre aux trésors dont on nous remettait la clé et qui, bien souvent, une fois ouvert nous dépoussiérait l’esprit.

Toi le livre dont certains ont la capacité de vanter tes mérites à la manière d’un grand cru dont il faut s’abreuver avec passion et modération, j’ai bu tes mots dès le plus jeune âge parce que j’en avais le temps. Maintenant, je dois le prendre pour, à nouveau, te côtoyer.

Tu m’as toujours laissé tes secrets, tantôt salés, tantôt sucrés et, parfois même, inavoués. Même sous le feu des critiques, tu n’as pas succombé, ancré que tu es encore dans mes pensées.

Que ne t’ai-je connu à une autre époque ; j’y aurais rencontré tes parents sur les mers, sous la terre et ailleurs aussi. Toi et tes semblables, vous avez tapissé les murs de ma chambre avant de, devenu adulte, décorer mes autres lieux de vie. Vous ne restiez cependant jamais en place de par l’amour que je vous portais. Vous ne m’avez jamais rien reproché d’ailleurs, pas même les multiples manipulations dont vous avez pourtant soufferts.

La vie nous a séparés, de vols et pillages tu as été l’objet. Qu’es-tu devenu mon ami ? As-tu trouvé une autre famille d’adoption ? J’ai encore quelques-uns de tes confrères avec moi, j’en trouve encore çà et là ; ils attendent que je pose le regard sur eux quand j’aurai pris le temps.

Laisse-moi cependant te rendre hommage par les mots de Denis Guedj dans le théorème du perroquet.

« Les livres ne ressuscitent pas les morts, ne métamorphosent pas un idiot en homme raisonnable, ni une personne stupide en individu intelligent. Ils aiguisent l’esprit, l’éveillent, l’affinent et étanchent sa soif de connaissances.

Quant à celui qui veut tout connaître, il vaut mieux, pour sa famille, le soigner ! Car cela, ne peut provenir que d’un trouble psychique quelconque. Muet quand tu lui imposes le silence, éloquent lorsque tu le fais parler.

Grâce au livre, tu apprends en l’espace d’un mois ce que tu n’apprendrais pas de la bouche de connaisseurs en une éternité et cela, sans contracter de dette du savoir. Il te débarrasse, te délivre du commerce de gens odieux et des rapports avec des hommes stupides, incapables de comprendre. Il t’obéit de jour comme de nuit, aussi bien durant tes voyages que pendant les périodes où tu es sédentaire.

Si tu tombes en disgrâce, le livre ne renonce pas pour autant à te servir. Si des vents contraires soufflent contre toi, le livre, lui, ne se retourne pas contre toi. Il arrive, parfois, que le livre soit supérieur à son auteur… »

Amicalement.

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