Etats d'âme

« La vie n’est pas facile, elle est belle » (2)

Le long fleuve, pas si tranquille que cela, a poursuivi sa route. Elle aussi. Elle a fait de sa vie ce qu’elle souhaitait faire en fonction de la situation et des aléas dans cette partie du monde. Ce ne fut pas rose tous les jours.

Pression culturelle

En grandissant, la pression culturelle de l’endroit se fit de plus ne plus forte : pas mariée, pas de copain à présenter à la famille. Jeune femme indépendante, elle pensait d’abord à elle. Non pas par égoïsme, mais bien parce qu’elle espérait ne jamais dépendre d’un homme comme c’est le cas bien souvent au pays.

La vie, étant faite de surprises, parfois bonnes, parfois moins, elle eut l’occasion de rencontrer un expatrié, un blanc lors d’un souper organisé pour une œuvre de bienfaisance. « Il ne cesse de me regarder », se disait-elle. Elle se décida à s’en rapprocher et à lui parler. Une conversation qui amusa d’ailleurs le collaborateur du blanc bien qu’il ne percevait pas la teneur. S’en retournant chez lui, le blanc se demanda qui était cette jeune fille et pourquoi elle n’avait eu cesse de lui parler. Quant à elle, elle se disait qu’il s’agissait encore d’un homme de passage, sans plus.

Les semaines passèrent et, au hasard d’une seconde rencontre, ils se décidèrent à échanger, puis à se fréquenter, à rire, à se promener, à se connaître.

« Toi, je vais t’épouser »

C’est après la visite d’une exposition, lors d’un repas sur le pouce, qu’il lui lança un « toi, je vais t’épouser », ce qu’elle prit pour de l’humour, du moins c’est ce qu’elle lui dira après. Il était pourtant des plus sérieux. Je le connais l’homme, lui qui s’était pourtant juré de poursuivre sa vie seul. Il se demande encore comment il a pu prononcer cette demande de la sorte ; le contexte sans doute… « Toi, je vais t’épouser » en lieu et place d’un traditionnel « veux-tu m’épouser »…

De fil en aiguille, leurs rencontres se firent régulières, les rires et marques d’affection aussi. Le temps les rapprochait, leurs vies passées aussi. Dans cet endroit du globe, il est de coutume de les respecter. Les coutumes, bien entendu. Il se mit alors à prendre les devants et à planifier les choses. C’est ainsi qu’il proposa, à celle avec qui il espérait partager le reste de sa vie, de l’épouser. Un 14 février, date symbolique. Fixer une date en Afrique n’est pas des plus simple. En fait, il faut en fixer davantage : prédot, dot, ce qui correspond au mariage coutumier, mariage civil et religieux.

Prédot

La famille de sa dulcinée ne fut pas très favorable dans un premier temps pensant naturellement à une histoire sans suite. De plus, il n’avait pas encore été présenté. La prédot : la clé nécessaire à la suite du processus. La rencontre avec la maman fut alors organisée, les conseils de la tante écoutés, les dernières questions de la belle effacées. L’échange, de distant à cordial, s’étant déroulé, l’aval donné, il ne restait plus qu’à se pencher sur la dot. L’oncle de la future mariée fut chargé des « négociations », du choix des cadeaux. Après quelques semaines, la liste fut remise à qui de droit.

Quant à sa famille en Europe, elle lui avait déjà adressé tout le bonheur du monde.

La dot Il comprenait la chose, mais il lui était difficile d’expliquer cela à ses amis occidentaux sans que ces derniers ne puissent dire qu’il s’agissait d’un achat. Il s’était même laissé aller à un peu d’humour dans un article…

Cette seconde étape se déroula le mieux du monde, il apprit à connaître les membres de sa nouvelle famille en compagnie des témoins qu’il avait choisis sur place. Ce mariage traditionnel scellait déjà fortement leur union.

Le 14 février 2020

Le moment tant attendu était arrivé. Pourtant, il faillit ne pas avoir lieu lorsqu’un policier motorisé et trop zélé voulut arrêter le futur marié pour des raisons inopportunes, il avait sans doute faim ! Un démarrage en trombe, un véritable slalom géant eurent raison du motard sans doute peu habitué à sa monture.

L’occident a l’heure, l’Afrique a le temps

La phrase l’a toujours amusée et elle reflète bien le temps qui passe et les habitudes africaines : fixer des heures ne sert pas à grand-chose puisqu’elles sont rarement respectées. Le maire arriva en retard au lieu fixé pour le mariage entraînant ainsi un décalage notoire dans la journée. Qu’importe, la cérémonie fut un succès…

(À suivre)

Vous avez raté les premiers épisodes ? Nous vous les offrons à nouveau.

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