Etats d'âme

Internet 2.0 : la commentairocratie

Je me suis délecté de cet écrit. Fais-en profiter les autres me suis-je dit…
Internet devait constituer une nouvelle étape dans l’évolution de l’humanité. Une nouvelle ère, riche de nouvelles perspectives pour tout un chacun en termes d’accès au savoir, de culture, de lien social. Mais une innovation est venue changer la donne, l’apparition du net 2.0 et son pendant maléfique : les #commentaires.
Internet, c’est cool, j’en suis un grand consommateur et j’adore ça. Une innovation inouïe, dans tous les domaines. Pour la productivité des entreprises, l’économie disruptive, le partage des connaissances et bien d’autres. Une nouveauté porteuse d’idées, de valeurs, mais aussi d’une culture propre. À ses débuts, l’internet 2.0 était une révolution : plus de simplicité et surtout plus d’interactions, avec les possibilités de créer soi-même facilement du contenu, commenter, partager. Le web devenait interactif et du même coup social. Les réseaux sociaux sont venus s’ajouter à l’internet 2.0 et apporter leur grain de sel et révolutionner nos vies et les relations sociales par la même occasion.

“Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait.”

Mais avec l’apparition des commentaires, nous avons ouvert la boîte de Pandore : tous les abrutis du net ont maintenant droit à la parole, protégés en plus par l’anonymat. Et bien sûr, la légion des idiots du monde, use et abuse de ce droit. Ils sont donc les premiers à s’exprimer, à la fois plus nombreux et plus bruyants que les personnes au Q.I. supérieur à 60. Ils ratent toujours l’occasion de fermer leur gueule. Sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, les sites d’informations et d’actualité, les blogs, ils sont partout pour nous infliger leur bêtise crasse et leur inculture. Et puisque l’anonymat et la distance donnent des ailes font pousser des couilles, c’est souvent la foire d’empoigne et l’occasion de clash mémorables par commentaires interposés.

Typologie des commentateurs

Qui commente ? Un peu tout le monde en fait, bien qu’on retrouve surtout des cons. Mais en vrai journaliste d’investigation, j’ai essayé d’en savoir plus. On s’aperçoit rapidement que les commentateurs compulsifs ne sont pas les mêmes selon le canal.
  • Sur Youtube : des morveux principalement, en bas âge et bas de plafond, avec un goût prononcé pour le langage sms et le viol en réunion du bescherelle et de la syntaxe. On peut constater sur les clips musicaux, que plus la chanson est commerciale et pourrie, plus le niveau des commentaires est médiocre. Assez peu de kikoo lol sous les vidéos de Jacques Brel alors qu’ils sont des millions à commenter les clips de Maitre Gims et JUL. Les reportages et documentaires sont quant eux le rendez-vous des complotistes, antisémites et fachos d’extrême gauche et d’extrême droite.
  • sur Instagram : sur le réseau de partage de photographie, on retrouvera en grand nombres les lubriques et/ou des haters, des jaloux diront certains. Mais les putes à clics qui constituent le gros des utilisateurs, ne méritent pas mieux.
  • Sur Twitter : aujourd’hui tout le monde gazouille, hommes politiques, star au rabais, sportifs et la cohorte des oligophrènes, des ados boutonneux et autres génies anonymes.
  • Sur les sites d’informations et d’actualité : On évite tout de même la chienlit pré pubère, remplacée ici par des pseudos intellectuels (analphabètes), mêlés à fachos et des complotistes.

Lire les commentaires, ce plaisir malsain

Je ne vais pas vous le cacher, malgré tout le mépris que j’éprouve pour les commentaires et les commentateurs compulsifs, j’en suis devenu addict. Lire les commentaires, c’est une plongée en apnée dans les abysses de la bêtise humaine. Si au début on est curieux de savoir ce que pense les gens, quels sont leurs avis sur une énième vidéo de chaton mignon, un clip de Booba, ou un article du monde, on doit vite se rendre à l’évidence : les gens sont des cons et leur point de vue n’a aucun intérêt. Mais on ressent parfois une sorte de fascination face à la misère intellectuelle déployée sur le net. Un guilty pleasure un peu malsain, qu’on peut s’autoriser avec parcimonie. Attention toutefois à ne pas vous laisser happer dans le vortex et ne répondez sous aucun prétexte. Sauf si vous venez troller. Le troll, c’est la dernière arme à opposer à ces monstres 2.0.

La commentairocratie, un scénario digne d‘Idiocracy

Loin de se ralentir, la tendance s’accélère, et c’est de pire en pire : Maintenant on laisse même la parole à des péquins moins que moyens de s’exprimer directement sur des sites d’actualités. Les commentateurs deviennent journalistes, éditorialistes, pamplhetistes à leurs heures perdues. L’Obs, Le Point (le plus), tous s’y mettent. Il faut remonter à rue89 pour l’origine du phénomène. Initiative plutôt rafraîchissante et intéressante à la base, rapidement noyé sous la quantité et la médiocrité des contributions. La moitié est là pour livrer des analyses sans légitimité, ni source, ni savoir quelconque. L’autre pour raconter sa vie de merde et s’offrir un peu de notoriété ou de reconnaissance à peu de frais.
La #commentairocratie est une preuve de plus du déclin irrémédiable de notre société.

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