Apprenez à lire, à décrypter, à vérifier avant de vous lancer et/ou de partager une info

Ai longuement hésité sur le titre à placer sur cette bafouille. Mon premier choix était « Depuis que le #monde est immonde », mais il aurait alors fallu retourner à la nuit des temps…

De nos jours, « parce qu’on veut être le premier à le dire, à l’écrire, à le dénoncer », il n’est pas rare de voir bon nombre d’informations pulluler sur les réseaux sociaux, dans les médias… La rapidité de l’#info prime au détriment de la qualité.

Si être rapidement informé est une bonne chose, force est de constater que le risque de dérives est bien présent. Combien de faits annoncés se sont avérés plus tard être faux, mensongers et #diffamatoires.

De plus en plus, le lecteur s’en tient à un titre et réagit, toujours au nom de la rapidité –et avec ses tripes -. Il partage, il crie au scandale. C’est aussi cela la liberté d’expression, me direz-vous. Je vous le concède. Mais quand ce qui a été partagé, dénoncé s’avère être une mauvaise info, il est trop tard, le mal est fait et l’idée est ancrée… Loin de moi de dire que tout est faux, que tout est complot. Cette dérive au nom de la rapidité n’amène rien de bon surtout en cette période de crise plus propice à un poujadisme qui pourrait s’avérer encore plus néfaste que ce que nous vivons actuellement.

Bref, nous ne prenons plus la peine de vérifier les sources de l’info, de peser le pour et le contre de la chose et de pouvoir alors réagir en connaissance de cause. On en revient au fameux « Si c’est passé à la radio, à la TV, c’est que c’est vrai ! ».

J’en viens alors à proposer à celles et ceux qui le souhaitent de faire preuve de critique historique. En la qualifiant de cette manière je solidifie son essence même, à savoir qu’elle est positive, constructive et pas uniquement négative. Cette critique prend certes du temps, mais ce temps, croyez-moi, en vaut la peine ! En outre, la majorité des points qu’elle aborde peut être utilisée pour tous documents.

La critique historique est divisée en deux analyses: externe et interne. Dans la première, le document en lui-même est analysé, dans la seconde, c’est son contenu qui est étudié.

La critique externe

La critique externe débute évidemment par l’identification du document. Tout article, livre, site web doit être identifié. Le ou les auteurs doivent être connus. Le document doit être daté de manière précise. Son lieu de provenance doit être déterminé. Si des réponses sont connues, le document peut être utilisé, dans le cas contraire, il est abandonné. Il faut dès lors faire attention, notamment, à des sites tels Wikipedia où les auteurs ne sont pas toujours connus et où les modifications sont possibles à tous moments.

Après ces vérifications, il faut établir l’origine du document puis se demander s’il s’agit d’une source authentique. Si le doute subsiste, il faut se demander alors à quel point le document peut être fiable. Prudence donc… Internet, bien utilisé, est un allié de taille à ce sujet.

La critique interne

Ensuite, commence la critique interne. Elle s’intéresse au contenu du document. Dans un premier temps, il faut comprendre le document. La connaissance de la langue du texte est indispensable. Il faut se méfier des anachronismes, des faux-amis (lors de traductions). Il est nécessaire de tenir compte du contexte socioculturel et personnel de l’auteur. Cela est vrai aussi pour les images et les témoignages oraux. La personne est-elle un témoin dépendant, direct ? Est-elle compétente pour effectuer cette description ? Est-elle sincère ? Cette critique s’applique en particulier aux documents issus de la presse. Il faut se méfier de la course à l’audimat, de la propagande en temps de guerre ou dans les dictatures ou en temps de crise. Toute rumeur doit être rejetée. Si le témoignage n’est pas direct, il faut s’interroger sur la qualité de la mémoire du témoin.

Confrontation des sources

Enfin, il faut contrôler le témoignage. S’il est multiple, il faut confronter les sources. Ne jamais se contenter d’une seule réponse. Il faut donc vérifier les concordances, divergences et les contradictions des sources. L’argument du silence n’est pas un argument à prendre en compte. Si le témoignage est unique, il faut être prudent.

Si ces règles étaient appliquées plus souvent, nul doute qu’on éviterait pas mal de dérapages.

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