Etats d'âme

Couple mixte, l’avant et l’après : une question d’appréciation

Il me fallait l’écrire pour m’en #souvenir si un jour le besoin devait s’en faire sentir. Sachez cependant que cela ne me perturbe pas. Voyez-y un constat, un #témoignage, un conseil peut-être.

Cela pourrait être l’effet du hasard, un concours de circonstances. Tout est possible. Force est cependant de constater une certaine mise à l’écart de la part d’une #communauté qui m’avait pourtant accueilli à bras ouverts. Il n’est pas impossible que je puisse me tromper. Certains, m’ayant, semble-t-il, oublié, voire rejeté de leur sphère dite d’amitié, me diront que je me trompe en lisant ces quelques lignes. Je le répète, tout est possible.

Y aurait-il d’autres éléments à prendre en compte ? Sans doute… Rumeurs un jour, rumeurs toujours. Soit, je n’ai pas l’envie de m’abaisser à cela.

Oui, je me suis marié ; elle est congolaise et plus jeune que moi. Notre milieu d’origine est différent, cela va sans dire. C’est une évidence. Sachez que l’amour est à toujours réinventer, et particulièrement dans le couple mixte qui unit deux individus de couleur ou d’origine différentes. Nous sommes bel et bien des « inventeurs » au sein de notre couple.

Les « ami.e.s »

« Ils » ont été invités aux noces, ils se sont amusés. Peut-être s’amusent-ils maintenant à se fendre de basses réflexions qu’ils n’ont pas osé dire sur le moment. Comment sinon interpréter ce long silence depuis ? Je les croyais ami.e.s, me serais-je trompé ? Passons outre d’un possible laïus sur l’amitié.

Mais revenons-en à la rumeur

Rumor, ce latin immortel semble avoir encore de beaux jours devant lui. Sa force ? Prendre tous les visages possibles, tous les aspects fielleux. Il peut tantôt avoir un visage d’ange tantôt une tête à claques. Il se nourrit essentiellement de tout ce qui passe, boulimique à souhait.

Pour le côtoyer parfois de très près et contre ma volonté, je peux vous assurer qu’il est bel et bien dangereux. On dit même de lui qu’il est le plus vieux média du monde, ce n’est pas peu dire.

Il est IL, il est Elle, on le connait davantage sous le nom de #rumeur

Le plus déconcertant, quand on s’intéresse à elle n’est pas tant qu’elle soit vraie ou fausse. Comme le signale le sociologue Pierre Lagrange, « rechercher le noyau de réalité revient à transformer ces histoires en énigmes policières et non à comprendre leurs véritables caractéristiques. » Le plus troublant est que la croyance en des rumeurs n’est pas le privilège des naïfs, des crédules, bref, des autres. Elle nous concerne tous. Elle alimente les conversations et les représentations du peuple.

Mais comment est-elle née ? Un bruit, un vent  – favorable, diront certains – (je préfère l’expression pet nauséabond)…

Qui l’alimente, la nourrit ? Tout dépend de l’objectif poursuivi. Personnellement, je constate qu’elle est souvent l’œuvre d’un fion, espèce de gros « trou noir » dont la seule occupation quotidienne est de s’attribuer les qualités d’autrui dont il est totalement dépourvu. Dénigrer pour mieux se mettre au premier plan. Fascinant, non ?

« Il traîne des casseroles, il a fait ceci, il a fait cela… » Oui des casseroles, j’en ai depuis 5 ans maintenant. Achetée sur la « boutique », garantie 20 ans voire plus. Je les utilise pour ma cuisine interne. Du ragot – pardon du ragoût – en passant par les pâtes, la cervelle (ça devient rare)…

L’humour est sans doute la meilleure parade avec l’indifférence, mais cela ne se trouve pas toujours au rayon des produits frais. Cela étant dit et perçu, revenons à présent au thème du couple mixte et de la différence d’âge.

Le couple mixte, la différence d’âge

Loin de moi l’idée de vous faire un cours philosophique sur les couples, mais permettez-moi de vous livrer quelques lignes qui me paraissent essentielles dans la conception que nous nous faisons du couple en fonction des régions qui nous occupent mon épouse et moi. (propos issus de Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, Les couples mixtes : l’adoption de deux cultures ? par Geneviève Platteau)

Le couple en Occident

Dans la société occidentale, l’amour romantique est devenu l’un des modèles dominants ; il repose sur la conception de la fidélité des corps et impose une forme d’exclusivité. La cellule sociale minimale n’est plus la famille, mais bien l’individu.

Le couple en Afrique

En Afrique, il y a préalablement une multitude de distinctions à faire : parle-t-on de l’Afrique précoloniale ou postcoloniale, de l’Afrique chrétienne, musulmane ou animiste, d’un régime matrilinéaire ou patrilinéaire, de tel ou tel pays particulier, d’une ethnie ou d’une autre. Tous ces aspects ont une influence dans la construction, la conception et le vécu du couple ainsi que dans les représentations mentales de la société.

Si nous prenons en compte les valeurs africaines traditionnelles, le couple n’est pas une affaire de deux, c’est une histoire de famille ou même de clan organisé selon le régime matriarcal ou patriarcal. Dans le premier cas, les oncles maternels qui reçoivent la dot ont une influence énorme sur le jeune couple ; dans le second, cette fonction est attribuée aux oncles paternels.

Je suis belge, elle est congolaise : savant mélange !

En tenant compte des aspects lus et entendus, bien que sus, j’aime à préciser directement que je considère que c’est de la différence que naît la richesse. Nul ne me fera changer d’avis. C’est ainsi, c’est dans mes gênes. Mes propos sont donc « orientés », non neutres.

Comment ressentons-nous personnellement les choses ?

Pas facile…si vous vous laissez emporter par ce que vous pouvez lire, entendre. Cela vous revient aussi aux oreilles. Par contre, si le bonheur d’être deux est votre priorité, le reste n’a pas d’importance. Le regard des autres, même s’il peut être blessant, vous paraîtra insignifiant. Après tout, vous n’avez pas besoin des autres pour profiter de votre vie ! L’humour, encore et toujours, vous y aidera : « oui, c’est pour les papiers, oui, c’est pour l’argent, que croyez-vous ? » : les devancer vous fera gagner du temps et fermera pas mal de « bouche » selon l’expression consacrée.

La différence d’âge est aussi une remarque qui vous pend au nez ; sarcasmes, ricanements. Considérez cela comme étant une jalousie de tiers et vous verrez que cela ne vous empêche pas de vivre. L’humour vous aidera aussi. Un exemple parmi d’autres ? Un « non, c’est ma fille » bien frappé coupera court à la médisance.

Mieux vaut donc en rire même si pour certains ce n’est pas facile.

Mon épouse n’a pas encore eu l’occasion de fouler le sol occidental, mais, comme dit plus haut, nous vivons déjà ce phénomène ici ; il n’est donc pas propre à un continent. Elle est donc préparée à cela, elle découvrira bien d’autres choses, aussi belles soient-elles. Elle ne se laissera pas déstabiliser par le regard des autres. Je l’y aiderai.

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