Portraits d'Afrique

Bia Buetusiwa Hervé-Michel, le couteau suisse de l’art oratoire

#Parler en public ne consiste pas à dire ce que l’on a prévu de dire, mais à aller au-delà, grâce au public.

Bia Buetusiwa Hervé-Michel alias Tata N’longi Biatitudes est né à #Kinshasa. D’une famille nombreuse, avocat, écrivain, poète oral, acteur culturel, passionné de musique, de sport et de politique. Marié, père d’une fille.

Kinois pur-sang, il est né et a grandi à Kinshasa. : « J’y ai fait mes études. J’y ai joué mes premiers matchs de foot, j’étais pas bon. J’y ai appris à lire. Et à écrire. Bref j’y ai appris à vivre, à me tenir debout. ». Bien belle #humilité !

Après des études pédagogiques (Tata N’longi veut dire enseignant en Kikongo), il a entrepris des études de #droit parce qu’il l’aime tout comme la littérature d’ailleurs. Des modèles d’avocats, il en avait une flopée que ce soit dans sa famille ou ailleurs. Par contre, aucun modèle d’écrivain. Il est donc devenu avocat. La passion de l’écriture ne l’a pourtant pas quitté puisqu’il y est retourné via les réseaux sociaux pour ensuite écrire un recueil de #poésies « Mes j’aime » paru aux éditions du Pangolin. Un deuxième recueil a suivi, « Cœur (é)pelé ». Et ensuite une pièce de théâtre, aux éditions Nzoi, Bateki Mboka. Et il ne s’arrête pas là puisqu’il a initié un spectacle de poésie orale intitulé le Concert des mots avec un certain succès (deux éditions déjà). « Une magnifique aventure humaine, partagée avec un groupe de slameurs, de poètes et de musiciens », ajoute-t-il.

Avocat en RDC, chose aisée ?

BHM – Être avocat en RDC est un gros combat contre soi-même. La justice est une gageure et l’avocat est en fait un objet exotique. Mais il faut bien se battre pour des lendemains meilleurs.

Comment vous est venue l’idée de « Deux minutes de lecture » ?

BHM – Cela répondait à mon combat de toujours, faire exister la littérature congolaise dans l’actualité. Et comme l’heure était aux challenges. Et ben, j’ai fait un challenge moi aussi. De lecture. Mon plus grand succès est d’avoir fait découvrir à plusieurs facebookers des auteurs congolais. D’ailleurs, tous les finalistes ont lu des auteurs congolais. Oui je te compte comme auteur congolais.

D’autres projets ?

BHM – Je suis actuellement en écriture d’un roman. Je travaille également deux collaborations l’une avec une auteure pour une pièce de théâtre et une autre pour un récit en lingala illustré. Je prépare également la sortie du Magazine littéraire Lelo, le futur « premier ? » Magazine littéraire congolais. Et évidemment un prochain concert des mots, un pour le 30 juin en live pour commencer et un autre dès que le déconfinement le permettra.

Quant au confinement ?

BHM – Le confinement à Kinshasa est paradoxal comme la ville elle-même. Rien n’a changé, mais tout est différent. Moi en tout cas, je n’ai plus accès à mon bureau qui est dans la république de Gombe, et ça change presque tout. Une nouvelle façon de travailler. Une nouvelle façon de vivre en famille aussi. Et puis il y a la peur, toutes ces proches qui succombent. Une drôle d’époque. Une drôle d’année.

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1 réponse »

  1. Quand on lit Bateki mboka, on se rend compte que l’auteur regrette ce que son pays devient du jour au jour.
    Il a quelques choses d’héroïque en lui mais est-ce un héros refoulé ? Qui le sait !
    Il est bien la preuve qu’il aime ce qu’il fait, l’écriture et le Droit.
    Quand on le voit plaider, on sent que d’autres juristes ( congolais) doivent refaire leur droit.
    Il mérite bien le pseudo de Tata, c’est un Maître.

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