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Sarah (21)

Grand-père m’a expliqué un jour qu’au pays il y avait près de 400 groupes ethniques. Là est sans doute une des difficultés majeures dans l’objectif d’unification du pays quand il s’agit d’élections. Autant de communautés avec leurs propres coutumes, leurs propres modes de vie, leurs propres traditions culturelles. Une richesse indéniable, mais qui a toujours gangréné la vie professionnelle notamment. Cela a quelque peu évolué avec le temps, mais l’emploi vous est encore parfois refusé sur base de votre ethnie. Je l’entends encore aussi pester sur le fait qu’on a toujours fait commencer l’histoire du Congo à l’arrivée de Stanley dans les années 1870. Comme s’il avait fallu attendre la traversée du fleuve Congo par un blanc pour sortir de la préhistoire !  Subordonner l’histoire du Congo à un occidental alors que l’on sait que c’est en Afrique que l’homme a commencé à marcher debout et que c’est toujours en Afrique que les premiers outils en pierre furent taillés et découverts il y a des millions d’années est une preuve, s’il en fallait une, d’un eurocentrisme encore bien présent et pourtant dépassé. Pourtant l’ingérence de l’Union européenne est encore bel et bien présente malgré ce fait établi. 

Cela n’enlève en rien au fait que nous ne cessons de pleurnicher sur notre sort et d’accuser le monde extérieur de nos malheurs alors que c’est avant tout une histoire de politiciens véreux, qui d’abus en mensonges éhontés ont conduit le pays là où il se trouve aujourd’hui. Qui croit encore en la sincérité d’une commission dite indépendante qui, pour protéger sa population la prive d’internet ? Qui peut encore croire en un gouvernement qui gangrène toutes les sphères décisionnelles et qui laisse le peuple dans la souffrance depuis près de 16 ans ? Nous devons nous en vouloir à nous-mêmes, nous avons laissé faire, nous avons fermé les yeux et quand je vois les arrangements entre pseudoennemis qui circulent déjà, je me dis que rien ne changera en 2019. On nous dit que tout a un temps, on aime ici utiliser la métaphore, mais elle ne nourrit pas son homme, elle ne fait qu’aveugler une population crédule. J’ai mal à mon pays.

Le soir, ce fut l’occasion d’à nouveau manger avec mes frères et maman. L’occasion également de leur remettre les présents que j’avais achetés pour eux à la capitale. Notre hôte remercia tout le monde pour cet accueil et remit également un présent à maman.

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