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Sarah (20): l’arrivée au village

Ce fut une nuit paisible, mais au réveil, je me remémorai ce baiser, différent des autres. Avais-je rêvé ? Aurais-je mal interprété ce fugace moment ? Je n’en sais trop rien. Je me faisais des idées. Il était temps de se lever même s’il m’avait dit que j’avais le temps du fait d’un de ces rendez-vous sur place, nous n’étions pas encore arrivés à destination. Le petit-déjeuner se prenant dans la salle de restaurant, j’y descendis et je vis le patron déjà attablé avec une autre personne ; sans doute le rendez-vous prévu.  À ma vue, il m’appela et me présenta celui qui allait devenir un nouveau client : je ne m’étais donc pas trompé. Ils avaient déjà mangé, mais m’invitèrent à partager la conversation. Un nouveau forage à faire dans la région, cela signifiait une équipe à envoyer sur place pendant quelques jours, une logistique à penser et à mettre sur pied. J’avais en ce sens déjà du travail pour l’année nouvelle. 

Que de premières pour moi lors de ce voyage : faire la route vers le village en véhicule privé, une nuit et un bain dans un hôtel, des repas partagés avec mon boss… Une année à marquer d’une pierre blanche. La journée se passa sur la route et je fus surprise d’arriver au village bien avant tous les délais que nous nous étions mis en tête. 

Notre arrivée au village ne passa pas inaperçue. Ce n’est pas tous les jours qu’un gros véhicule arrive jusque-là. Un attroupement prit vite effet et nous furent accueillis comme des personnalités importantes. Le patron en fut plus étonné que moi. Ce sont mes deux frères qui nous aidèrent à porter les bagages. Maman, sortie en trombe de la maison, lança un « vous êtes déjà là » qui illustrait bien le fait qu’elle n’avait pas encore eu le temps de s’apprêter. Elle sembla confuse. 

Mes frères avaient libéré leur chambre afin d’en faire celle de notre hôte, mon patron. Ils allaient aller dormir chez un de leurs amis. À leurs têtes, je les voyais réjouis de la chose. Maman avait transformé le lieu en un bien bel endroit grâce aux travaux de menuiserie, activité dans laquelle mes frères étaient passés maîtres. Comment allait-il prendre le fait de devoir se laver à la villageoise, de vivre comme je le vis depuis des années, lui, habitué à une modernité certaine, ne se souvenant sans doute plus de la rusticité. Après nous être désaltérés, maman nous proposa un tour du village.

Nous fûmes observés malgré le fait que maman avait prévenu le chef de la communauté de notre arrivée, du fait qu’elle allait héberger un étranger, un homme de surcroit, dans sa maison. Les rumeurs ont cela de commun, c’est qu’elles existent partout et n’ont pas de frontières. Monsieur Zinga, qui avait plus d’un tour dans son sac, avait une idée en tête afin de se faire accepter. Au chef du village qui le questionnait, il répondit qu’il, si ce dernier en acceptait l’idée, allait forer un nouveau puits pour le besoin des villageois. Il n’en fallut pas davantage pour qu’il reçoive les acclamations de tous. 

Quel homme quand même ! Il sait se faire apprécier. Homme simple, humble, discret. Je ne cesse de le découvrir. 

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