Portraits d'Afrique

Sarah (6)

Au moment du repas du soir, mon oncle me fit un laïus sur l’environnement qui était le sien depuis des années ; attention à ceci, attention à cela. Au début, je ne le pensais pas sérieux, mais je compris rapidement qu’il ne plaisantait pas et que ses conseils l’étaient pour mon bien. Il me remit également quelques billets de 1000 F au cas où… « Au cas où », ces mots résonnent encore à mes oreilles. Je suis une jeune Congolaise, je m’appelle Sarah. Je vous l’ai déjà dit. Ma famille est originaire de Kikwit, commune de Nzida à un peu plus de 500 km de Kinshasa, la capitale. Il est des coins délicieux qui ont pour le regard un charme fou. C’est le cas de mon coin de paradis, le seul coin que je connaisse d’ailleurs. On en garde toujours des souvenirs tendres. 

Je vous ai aussi déjà parlé de papa, de maman et un peu de mes frères et de ma sœur.

Mon grand-père a vécu la colonisation, ma grand-mère aussi. Je n’en sais pas plus. Moi, j’ai vu le jour dans un milieu où l’amour et la paix planaient sur toutes choses. La vie était douce, ouatée, auprès d’une maman calme et tendre. J’aime à le répéter. Elle me disait de vite grandir pour aller à l’école. Dès ma quatrième année, elle m’y fit conduire. Je me souviens de cela grâce à ma grande sœur : une robe bleue, des chaussures vernies et fière comme une princesse.

Le temps fut venu d’aller dormir, une bonne nuit de sommeil avant la découverte d’un nouveau monde. La nuit ne fut pourtant pas de tout repos, elle fut peuplée d’un étrange rêve. Les rêves, en général, on ne s’en souvient pas toujours et pourtant, celui-là, je m’en souviens dans les moindres détails…

J’arrive à l’école, je suis d’abord intimidée par la vue des petites filles de mon âge qui me regardent, intéressées. Je n’osais lever la tête de peur de croiser leurs regards : je pleurais. Les bavardes me pressaient de questions : « Comment t’appelle-t-on ? » « Suis-je ton amie ? ». Mais quelle ne fut ma joie quand je revins à la maison ! L’école me faisait peur. J’avais vu la maîtresse battre mes petites compagnes avec un gros et long bâton. Ma mère ne me battait jamais, elle !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.