Etats d'âme

Mardi 14 avril 2020 – Mon confinement (23)

« Contrairement à l’étymologie, nous entendons spontanément par démocratie tout autre chose que l’exercice du pouvoir par le peuple. On peut concevoir une monarchie démocratique et une « démocratie » populaire parfaitement dictatoriale. Les circuits empruntés par le pouvoir sont, en la matière, autrement importants que son origine juridique et la souveraineté populaire ne garantit rien. Ce qui constitue la démocratie, c’est la liberté effective que chacun y trouve. Et si le débat public caractérise la démocratie, ce n’est pas tant parce qu’il est un débat et qu’il est public que parce qu’il met en rapport des individus au statut très particulier : ils ont autorité sur eux-mêmes, sans que nul ne puisse se substituer à eux. Des individus libres, dont nous voudrions montrer que s’ils participent réellement à des débats publics, c’est parce que veille déjà en eux quelque chose que rien ne peut réduire : leur pensée. » Alain Cugno

La liberté de penser n’est pas seulement le droit reconnu d’avoir des opinions et de les exprimer. Il s’agit d’un exercice de la rationalité autrement exigeant, mobilisant la totalité de l’être qui s’y engage. Il présuppose la capacité à transformer son environnement, le réfléchir, participer à la vie collective et avoir prise sur le monde. Et c’est bien la pensée comme telle qui est convoquée en ce lieu de décision ultime, quant à ce qui vaut et ce qui ne vaut pas dans l’ordre de la parole dite et entendue. Or les conditions de la liberté de penser sont nombreuses, complexes et difficiles et, pour tout dire, politiques. Elles vont en effet de la liberté d’aller et venir jusqu’à la mise à disposition de chacun des moyens de s’informer et de se cultiver ; de la possibilité de vivre décemment au sentiment que chacun peut donner à sa vie le sens qu’il entend.

Lu : « Même si l’on décide de « vendre son âme au diable », F.Pagny précise : « Non vous n’aurez pas  ma liberté de penser ». Même le diable n’y aurait pas accès, ou du moins pas directement ! On juge spontanément que la liberté de penser est parfaitement indépendante des circonstances et des régimes politiques contrairement à la liberté d’expression qui présuppose que l’on vive dans un régime démocratique ou du moins tolérant.  Aussi est-il paradoxal de se demander si la liberté de penser peut se passer de la liberté d’expression. Toutefois, n’est-il pas naïf de penser que ma pensée peut naître, exister et se développer indépendamment des autres, c’est-à-dire indépendamment de la communication de mes pensées et de l’échange avec les autres ? Le problème est donc de savoir quelles sont les conditions politiques pour accéder à l’autonomie intellectuelle ?

Si la liberté de pensée est une liberté intérieure qui transcende toutes les circonstances, un régime dictatorial empêchant la liberté d’expression finit par empêcher la liberté de penser. Pour autant un régime démocratique,  sera-t-il la condition suffisante d’une authentique liberté de pensée ? »

Au vu de ce qui se passe actuellement, mais auparavant aussi, j’ai des doutes, mes pinceaux s’emmêlent.

#FabriceSalembier #Lemondedefa #RDC #Lubumbashi #Afrique #Confinement #Pandemie #Etatdame

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