Etats d'âme

Jeudi 2 avril 2020 – Mon confinement (11)

Confinons le corps, pas l’esprit.

Face à un adversaire aux forts arguments physiques, on doit rester solides. Vous me direz plus facile à dire qu’à faire. Je vous le concède. De plus, je n’ai pas de recette miracle à vous proposer. Que dire quand on sait que confiner un affamé, c’est le conduire directement au cimetière ?

« Eh, Tonton, est-ce que t’as regardé dehors ? Sur l’avenir de nos enfants, il pleut de plus en plus fort…. »

« S’ils veulent pas le reconstruire le nouveau monde, on se mettra au boulot. Il faudra de l’utopie et du courage. Faudra remettre les pendules à l’heure, leur dire qu’on n’a pas le même tic tac, que nous, il est plutôt du côté du cœur. Fini le compte à rebours du vide, du rien dedans ».  Extrait de Course contre la honte – R. Bohringer et Grand corps malade.

https://lemondedefa.com/2017/12/31/tonton-on-va-faire-comment/

Je ne suis pas Meursault, je ne suis pas né sous la plume de Camus. Je suis juste un étranger dans un pays d’accueil et le suis devenu sur ma terre natale.
Vous pensez me connaître parce que vous m’avez côtoyé à un moment de votre vie, c’est votre avis. Je ne me connais pas moi-même, c’est tout dire. Socrate s’y est essayé en observant le frontispice du Temple de Delphes, c’est vous dire.

Dire…

C’est en se connaissant, en cherchant en lui-même, que l’homme peut trouver la sagesse nous assène-t-on. Le passage de l’enfant sage à l’âge adulte nous fait perdre cette sagesse que j’aime nommer l’insouciance ? L’insouciance serait-elle la clé du bonheur au détriment d’une réalité qui nous fait mourir à petit feu ? Pour l’instant, cette insouciance tue !

Je ne suis pas de cette terre, je ne suis plus sur l’autre. Identité perdue. Temps, suspends ton vol que je puisse me poser, que je puisse à nouveau m’identifier. Je me recroqueville, me tais et me cache, fenêtres fermées…

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