Etats d'âme

Mercredi 1er avril 2020 – Mon confinement (10) : témoignage d’un élève

« Tous les matins, les gens se lèvent et prennent de mes nouvelles. Je vous en remercie ». Signé Covid-19. Un peu d’humour dans ce monde de brutes. Pardon de cons ! On se passera des poissons du jour, Uderzo étant décédé, il nous est impossible de savoir si le poisson était frais.

L’enseignement à distance n’est pas ce qu’il y a de mieux dans pareille situation, je l’ai dit, le dit et le répéterai encore et encore. Je n’ai hélas pas d’autres solutions que de demander à ce qu’on laisse vivre les jeunes.

Alors que je posais la question du Comment l’inversion des rôles dans l’île aux esclaves permet-elle de dénoncer le travers de la société dans le cadre d’une dissertation sur un texte de Marivaux, les textes me sont arrivés au compte-goutte, mais ce qui m’a le plus attristé, c’est le témoignage qui accompagnait l’un d’eux. Un témoignage alliant responsabilité et désarroi. Il m’a été permis de vous le transmettre…

J’écris…

« J’écris ces derniers mots composant ma dissertation vers huit heures du matin, tôt pour certains, tard pour ceux qui viennent de finir leur dissertation. Une épreuve qui m’a paru insurmontable due à mon manque de volonté et d’organisation. Je voyais ce devoir comme un immense mur, criblé de prise d’escalades, et au lieu de grimper petit à petit, j’ai décidé de prendre mon élan, un élan qui dura plusieurs jours, plusieurs jours d’appréhension, à ne rien faire de mes journées à part me convaincre que j’allais commencer demain.

À la fin de cet élan, nous étions le vingt-six mars au soir.  Je courais donc vers le mur, pensant le franchir en deux petits sauts, mais il n’en était rien, je me suis pris ce mur à soixante kilomètre-heure, me pétant les dents et me perçant les yeux. Cet élan de plusieurs jours je le dois à mon fichu don de ne jamais faire les choses qui me sont obligatoires.

Ce petit bout de moi je n’en suis pas réellement satisfait à vrai dire, premièrement il doit être mitraillé de fautes d’orthographe et de syntaxe. Mais ce n’est pas vraiment ça qui me chiffonne, c’est son côté trop manichéen, les termes “droit chemin” ou encore “la bonne voie” y reviennent sans cesse avec une impartialité horripilante.

En revanche j’ai apprécié écrire la partie sur Arlequin et sur les lumières. Voici un bout de moi, un bout de moi handicapé et bien amoché par le désarroi, mais, il vit quand même.

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