Vendredi 27 mars 2020 – Mon confinement (5)

La foudre a lézardé le ciel hier soir. Quelques cibles au hasard… ou pas. Nous avions deux lignes aériennes, elles ont sauté. Oui je sais, les avions ne volent plus, je suis au courant. C’est mon domicile qui ne l’est plus.

Le soleil est dur, il pèse sur les têtes, sur les épaules. J’allume une cigarette, la compagne de mon café. Inséparables ces deux-là. Mon épouse me demande d’arrêter. Je lui réponds que jamais je ne cesserai d’écrire. Oui dans certains cas, j’esquive, je feins.

Il était une FOI

Le « il était une fois » de nos histoires d’antan glisse peu à peu vers un « il était une Foi ». Propos pas très catholiques diront quelques scientifiques. Une Foi. Instant X. Ici, ce fut, à une certaine époque, un échange de bibles contre des terres ; ils n’ont rien vu venir.

Seuls les riches sont touchés semble dire la population qui a repris la route. On s’en remet à Dieu. Pas d’autres commentaires. Il y a dans l’air comme une espèce de voyage entre le bien et le mal à la manière de Zadig et de l’ami Voltaire.

Ne me demandez pas comment se porte la communauté des expatriés, je n’en sais fichtre rien. J’ai arrêté les aller-retour téléphoniques avec eux lorsque j’ai constaté que MES allers n’étaient pas suivis de retour. Autant garder mes unités pour des choses plus importantes. J’avais pourtant l’idée d’un projet solidaire en faveur des plus faibles, il en restera au statut de projet solitaire pour l’instant. Leur devise serait-elle « chacun pour soi, hypocrisie pour tous » ? Il se dit d’ailleurs que certains n’hésiteront pas à sauter dans le premier avion qui se présenterait. Rumeurs, rumeurs quand tu nous tiens.

Mes élèves se portent bien, leurs familles aussi. C’est en tout cas ce qu’ils me disent lors de nos échanges de continuité pédagogique à distance. Ils sont si jeunes… J’espère que les fantômes de la terreur ne les hantent pas encore.

Le meilleur est à venir, le meilleur est avenir… j’hésite.

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