Je ne suis pas un héros – Enseignement à distance, un leurre ?

« Il n’est pas possible humainement, émotionnellement parlant pour nos élèves (et leurs parents) de parler continuité pédagogique en période de confinement sans que leurs professeurs ne soient physiquement à leurs côtés. L’École à distance est leurre pédagogique, catastrophe humaine et machine à détruire les emplois. »

C’est en substance ce qu’un professeur d’histoire en France expliquait sur les réseaux sociaux après 2 jours de confinement.

J’avoue partager son ressenti…

Outil et technique au-dessus de la pédagogie

Cette période vécue n’est pas propice à l’équilibre de nos élèves, de nos enfants : entre le stress de la situation et le stress engendré par les techniques utilisées pour l’enseignement distanciel, les infos des médias, etc., ils ne peuvent, consciemment ou non, vivre une vie normale, l’angoisse étant présente partout.

Que dire alors de la situation vécue dans des pays où à cela s’ajoute le manque évident de soins de santé. Ils ne sont pas idiots ! Même nous en tant qu’adultes, nous avons du mal à « bien » vivre ces moments. La situation est bel et bien particulière ici en RDC !

Adaptation nécessaire

Si suivre le rythme scolaire en temps normal est parfois délicat pour quelques jeunes, il est illusoire de penser poursuivre « comme si de rien n’était » dans pareille situation. Il y aura du retard. Nous ne pouvons demander aux enfants – et aux parents – de faire en une journée en leur domicile, ce qu’ils dont en classe, en plus des devoirs, lorsque la situation est dite normale.

Réduire nos exigences

Enseigner, c’est un métier, un art parfois qui exige une présence physique. Les parents sont présents, certes, mais ils sont fatigués, éreintés, déstabilisés eux aussi par le confinement. Les conditions sont donc loin d’être favorables. Tout le monde est mis à rude épreuve.

Accès aux technologies

Je suis dans un pays dans lequel les conditions « web » ne sont pas des plus efficaces et dont le coût est quelque peu conséquent. Si la situation nous pousse vers l’école à distance, l’outil technologique, dans le cas présent, ne remplacera jamais l’humain.

Je vais donc réduire la voilure pour arriver à bon port. C’est le devoir du capitaine que ramener tous ses matelots et l’équipage au port après avoir essuyé une tempête. A-t-il ajouté. J’aime à reprendre ces quelques lignes.

« L’important est de nous retrouver tous pour terminer cette année au milieu de nos élèves dans nos salles de classe. En qualité de professeur, j’ai charge d’âmes, pas d’un parc informatique et de logiciels en tous genres. »

 « Aucun outil ne remplacera l’échange et la relation humaine. Le regard et le signe encourageant. Le groupe que forme la classe qui nous donne un sentiment d’appartenance et les récrés durant lesquelles on se défoule. Le bonjour et le “au revoir du professeur”. La voix de tel ou tel. Les sorties scolaires et les projets solidarités. »

Il m’a éclairé, j’ai donc repris quelques éléments de son texte que j’ai, vous l’aurez compris, apprécié. Et je ne parle pas des élèves des écoles congolaises qui, une fois de plus, sont livrés à eux-mêmes.

PS : j’ai allégé les demandes faites aux élèves. Je préfère qu’ils tissent ou retissent à nouveau les liens familiaux, qu’ils vaquent à d’autres occupations comme la lecture, les jeux de société.

Fabrice Salembier

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