Etats d'âme

Eduquons…Eh du c**

« Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature : on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime voir son activité servir à quelque chose : on fit en sorte qu’elle n’eût aucun but. Il aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées. Il aime se servir de ses mains : on ne mit en jeu que son cerveau. Il aime parler : on le contraignit au silence. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait chercher la science : on la lui servit toute faite. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. (… ) Alors les enfants apprirent ce qu’ils n’auraient jamais appris sans cela. Ils surent dissimuler, ils surent tricher, ils surent mentir. » Adolphe Ferrière – Pédagogue suisse

Son terrible constat, il a voulu, à sa manière le changer en le dénonçant. Pour les uns avec brio…

Cet état de fait est encore, hélas, bel et bien présent malgré l’envie de bon nombre de collègues ici et là de rouvrir les fenêtres et les portes des « salles closes ». Je fais partie aussi, et ce en toute humilité, de ceux-là. D’autres, s’en tiennent au déballage d’un savoir que les enfants auront à rendre, tel que transmis, lors d’évaluations. Le bon petit photocopieur en quelque sorte. Chacun son choix.

Si se renouveler, se remettre en question, faire preuve d’imagination sont des actes qui me paraissent essentiels dans ce métier, faire bonne figure ou pas devant les injonctions venant de « là-haut », surveiller ses arrières, devoir faire abstraction de l’hypocrisie, compter les couteaux plantés dans votre dos sont autant de choses qui vous minent et qui vous distraient de l’objectif que vous vous êtes fixé. C’est usant. Frustrant. Mais tellement de notre temps. On vous prête même des paroles jamais tenues : oui, on joue des coudes aussi dans l’enseignement. Solidarité, mon cul pourrait-on dire.

Un enseignant-chercheur retraité nous dit d’ailleurs ceci :   « Je connais suffisamment le monde de l’enseignement pour vous affirmer que les enseignants “méritants” seront les “lèche bottes” de l’administration en place et sûrement pas ceux qui essaient de tenir la barre, voire même d’innover. »

Tout aussi triste constat que le premier.

Heureusement, des exceptions existent, mais elles ont un triste coût !

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