Benin

Vol de nuit

La nature s’est réveillée de mauvaise humeur tôt ce matin. La pluie, les bourrasques l’ont fait sortir de son lit de très bonne heure. Un temps à ne pas mettre un chat, un chien, un canard,…dehors. Sale temps pour les fêtards mais aussi pour les pétards. Vous me direz que c’est de circonstance en cette période de fêtes.

Lui aussi est en pétard. Maudit temps qui le sort de son lit, tout comme la rivière qui traverse le village, cela coule de source. Un torrent d’injures lui traverse l’esprit, ça déborde. Le vent n’en a cure, il redouble de puissance. Les feuilles, mortes depuis longtemps déjà, se sentent des ailes et tournoient à la lueur de l’éclairage public. Les arbres plient mais ne rompent pas : il n’y a pas de raison que seul le roseau puisse avoir ce privilège.

Il se sent comme un avion sans ailes, délicat n’est-il pas d’autant qu’il doit prendre son envol dans la soirée et le voilà déjà debout. Le café coule, les galettes de maman sont sorties de leur cachette et attendent la confiture avec impatience. N’est pas Proust qui veut. Il pense aux soleils qu’il va quitter et à celui qui va l’accueillir demain. Les paupières sont lourdes, les valises aussi – non, pas celles qui l’a sous les yeux mais bien celles qu’il doit mettre en soute -. Une question de poids à ne pas dépasser. Le sien, il l’est déjà. Diantre, de l’exercice il lui faudra. Résolutions de l’an neuf qui tiendront le temps d’une pensée.

Un vol long-courrier l’attend donc. Il n’a pas l’habitude. Pourtant, il écrit. Comme une lettre à la poste. Non, il vit avec son temps, ce sera un courriel. Moins long, une espèce de S.M.S, acronyme, en anglais, de « Short Message System ».

Destination découverte. Indochine passe à la radio, en sourdine. « La vie est belle et cruelle à la fois, elle nous ressemble parfois ». Lui c’est un pays d’Afrique.
Une autre culture, un autre mode de vie. Il est caméléon, il ne s’en inquiète pas. Enfin pas vraiment …en tout cas.

Le vent s’est couché. Son esprit apaisé. Avalés sont les galettes et le café.

Laisser un commentaire