Benin

8 mars, non ce n’est pas une fête, non ce ne sont pas des réjouissances et celles et ceux qui la présentent comme telle désinforment purement et simplement !

huit« Tant que les femmes et les filles, qui forment la moitié de la population de la planète, ne vivront pas à l’abri de la peur, de la violence et de l’insécurité quotidienne, il nous sera impossible de prétendre vivre dans un monde juste et égal. »

Tels sont les propos d’Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations-Unies, à propos des violences faites aux femmes.

En cette journée de la femme, cette journée internationale des Droits de la femme, cette fête de la femme puisqu’il semble que toutes ces dénominations soient devenues correctes, il nous apparaît néanmoins grand temps d’en revenir à ses fondements, à son essence.

Non ce n’est pas une fête, non ce ne sont pas des réjouissances et celles et ceux qui la présentent comme telle désinforment purement et simplement ! Imposer la tenue d’un pagne en Afrique pour remplir les caisses du gouvernement, donner quelques dollars aux femmes pour qu’elles se taisent au Katanga, proposer des réductions sur le maquillage ou des menus Saint-Valentin en Europe sont des méthodes indignes d’un monde qui se dit vouloir l’égalité de toutes et tous ! Marketing, journée commerciale jettent un total discrédit sur l’objectif initial.

C’est la raison pour laquelle je continuerai à la présenter comme étant la journée internationale des Droits de la femme ! Elle a lieu le 8 mars mais elle ne devrait cependant pas être moins présente les autres jours…

120 ans pour fixer une date… Quelle avancée !!!

En 1857, des ouvrières de l’habillement manifestaient déjà à New-York contre leurs conditions de travail et dénonçaient l’absence de respect de leur dignité. En 1910, lors d’une conférence internationale des femmes socialistes, Clara Zetkin, révolutionnaire allemande et Alexandra Kollontaï, femme politique russe, appelaient à la création d’une journée consacrée aux droits de la femme. C’est aussi l’époque où les anglaises manifestaient pour le droit de vote à Londres. Si la première journée eut lieu le 19 mars 1911, c’est Lénine qui proposa en 1921 la date du 8 mars. En 1945, la signature de la Charte des Nations-Unies proclame officiellement l’égalité des sexes comme droit fondamental mais c’est seulement en 1977 que cette journée voit officiellement le jour…

Ce 8 mars 2019, nous en sommes à la 42ème édition. 42 ans et les violences conjugales sont toujours présentes tout comme l’inégalité et pas uniquement dans le travail. Alors oui Mr Guterres vous avez raison mais des paroles aux actes il y aura bientôt deux siècles de passés. Deux siècles pendant lesquels on a parlé – et on parle encore – des mêmes problèmes ! Il en sera tristement de même les années à venir…

Lors de cette journée, j’ai demandé à mes élèves, ici en RDC, quelles seraient leurs priorités pour améliorer la condition de la femme s’ils étaient membres du gouvernement. En voici quelques-unes…

  • Permettre à la femme d’être indépendante par le travail et ne plus la cantonner au rôle de femme au foyer ;
  • Lui octroyer le droit à une véritable protection sociale et juridique ;
  • Lui permettre de faire et poursuivre des études et non la considérer uniquement comme étant à marier ;
  • Faire en sorte qu’elle puisse être davantage présente dans les organes décisionnels du pays ;
  • En partant du principe connu que la femme gère mieux les finances qu’un homme, lui permettre de disposer d’aides (micro-crédit) afin de développer coopératives, petites entreprises commerciales en étant « suivie » dans l’évolution de son projet ;
  • Développer les cours d’éducation civique et morale dès le plus jeune âge au sein des établissements scolaires ;
  • Féminiser le monde du travail ;
  • Autoriser l’avortement sous certaines conditions (viol,…).

 

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