Benin

« Adopté par l’Afrique » aux Editions « Le livre en papier »

Il est là, il est arrivé ! Le nouvel opus… Après Sinibagirwa (en cours de réédition), voici « Adopté par l’Afrique » aux Editions LE LIVRE en PAPIER

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Son rêve avait pris demeure. S’étant construit pendant de nombreuses années, parfois secrètement, parfois même sans qu’il ne s’en rende compte. Une espèce de chemin qu’il arpentait sans trop savoir où il allait. Le destin a alors pris les commandes, il était libre, et son envie allait l’y pousser. Tout cela est bel et bien étrange aux yeux de celui qui ne le connait pas, de celui qui ne voyage pas et qui est incapable de tomber amoureux de ce qu’il voit, de ce qu’il vit. Mais, alors que cet amour l’avait poussé à déposer ses valises, il s’est réveillé un jour ailleurs que là où il pensait vivre, là où il pensait finir sa vie. Ou commencer une nouvelle. Cette approche pour lui est semblable parce que sa vie fut riche et parce que, irrémédiablement, toute chose a une fin. C’est ainsi. Dès le moment où l’on naît, on sait que la mort sera au bout du chemin. Il ne la craint pas. Et puis naître c’est mourir. Renaître aussi. Une nouvelle page se tournait à ses dépens, contre toute attente, contre sa volonté. Allait-il rebondir ?

L’homme aime à dire qu’il est normal, qu’il croit ce qu’il voit mais se laisse néanmoins à croire au mieux. Ses voyages entre le vieux continent et sa terre de naissance, lui ont donné l’occasion de se poser à différents endroits du globe avec comme mot d’ordre l’intégration. Il ne peut imaginer autre chose, lui, l’étranger. Cela lui semble normal. Tout homme décidant de s’installer se doit de s’intégrer, d’apprendre les us et coutumes des populations qui l’accueillent. Il en est persuadé. Cette vision naturelle des choses n’est pas toujours acceptée par ses employeurs, ce lui vaut parfois des déboires. Déboires qu’il ne regrette pourtant pas avec le recul mais qui lui ont fait mal sur le moment. C’est une réalité à laquelle il ne sait se faire, il ne saura se faire, celle qu’il réfute d’abord en tentant d’expliquer ce qu’il vit puis qu’il démonte plus violemment encore lorsqu’il ne se sent pas écouté. Pourtant, l’expérience est de son côté. 25 ans après, il a retrouvé l’Afrique, celle qu’il avait découverte au Rwanda comme il en témoigne dans un précédent ouvrage. Il a retrouvé une autre Afrique ; elle a évolué, grandi malgré les terribles épreuves qu’elle subit encore. Il y avait pris ses quartiers en famille, ils avaient dû se résoudre à les quitter. Les souvenirs jaillissent mais le présent a néanmoins mainmise sur le passé. L’Afrique, il aurait sans doute dû y naître, lui, l’adopté de l’Afrique.
Non, il ne peut s’intégrer ; il est Bac +4 et il se doit d’aller dire à des Bac +7 comment doivent travailler dans leur pays ! Obligation de se taire, pardi. C’est libellé dans son contrat. Il n’en a cure mais passe alors à autre chose. La sagesse de son âge prend alors le pas sur sa légendaire fougue.
A-t-il grandi ? Non, il se dit qu’une réaction ne vaut pas la peine et donnerait de l’importance à des personnes aux égos surdimensionnés qui ne le méritent pas.
Sacré caractère que celui-là. Trop tard pour changer, la cinquantaine bien frappée, il continue à croire en un monde meilleur, un monde dans lequel les femmes et hommes naîtraient véritablement égaux et auraient les mêmes chances de vivre pleinement. Il se sait utopique mais n’en a cure. L’utopie qui l’abreuve, c’est aussi croire, espérer ; il sait, comme Thomas More d’ailleurs que ce qu’il décrit n’existe pas, n’est que le fruit de son imagination. Si l’humanité de connaît pas encore le chemin de la paix, son humanité lui insuffle un besoin d’aider, de partager. Il aide donc, dans la mesure de ses moyens, maladroitement parfois et même souvent d’ailleurs. On connaît la difficulté qui existe dans le domaine…aider sans tomber dans la sensiblerie du misérabilisme.

 

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