Etats d'âme

Lubumbashi: petit tour dans un hôpital de la place

Lubumbashi : petit tour dans un hôpital de la place

La santé a un coût, bienvenue en absurdie congolaise. Rendez-vous pris à 10 hrs, je serai reçu à 12h30…

Un vétuste bureau, des locaux pratiquement insalubres, des conditions dont on s’accommode faute de mieux, résigné que l’on est bien souvent dans pareil cas. Une infirmière de cet hôpital de la place vous reçoit, aimable à souhait et nous conversons entre deux prescriptions qui tardent à venir le médecin étant en retard de 2 heures. Elle a 57 ans, est payée 3 fois l’an au lieu du salaire mensuel comme auparavant et au change officiel… En gros ces 500 dollars deviennent 375 dollars et ce sans aucune explication. La seule justification donnée à ces retards : « il n’y a pas d’argent ». A la question que deviennent les 125 dollars manquant sur le salaire, personne ne sait répondre autre chose que « le système est complexe ». Au vu de l’embarras constaté sur son visage, il me paraît inutile de lui suggérer de s’adresser au comptable ou à tout le moins au gestionnaire. « Comment voulez-vous disposer d’une assurance soins de santé lorsque votre salaire n’est pas régulier ? » terminera-t-elle.

Que coûtent les soins de santé ? C’est à la tête du client et de ses moyens. « Mais si on est pauvre et qu’on sait qu’on doit aller à l’hôpital, on doit faire en sorte de trouver l’argent… Pour des cas extrêmes, on essaie tout de même de faire un geste… » sera la réponse qui me sera donnée.

Le médecin arrive, tout aussi souriant. Il entre dans le vif du sujet : « Cela va vous coûter beaucoup d’argent… ». Le silence s’installe. J’ai appris à ne pas demander combien mais à dire ce dont je dispose sur le moment (c’est la règle ici). Je suggère une somme, il me donne la sienne… Je coupe la poire en deux, il sourit, on est en plein souk à Casablanca me dis-je. Il accepte… Lui et son assistante se partageront la somme. C’est ainsi. Comme dans bon nombre d’endroits du pays… La débrouille, la survie – bien que pour eux, la vie est quand même plus aisée par rapport à d’autres -.

La débrouille, la survie…

Partout, tout est bon pour tenter d’arrondir ses fins de mois : ce policier qui vous inflige une amende pour une petite armoire qui dépasse de votre coffre alors que le taxi-brousse devant vous a à son bord une vingtaine de personnes, un toit qui offre un spectacle digne de l’équilibriste de haut niveau : matelas, chaises, moto, makala,… En prime des accélérations vous offrant des nuages de fumées noires… ;  ce vendeur de cigarettes qui tente de vous vendre un paquet 500 francs plus cher qu’au précédent client sous prétexte que le transport de la marchandise a un coût… ; cette vendeuse de fruits qui tente de vous faire payer un ananas à prix d’or et à qui vous essayez de faire comprendre qu’il est préférable de m’avoir comme client régulier que de m’arnaquer et de risquer une contre publicité.

Humainement parlant, terrible constat que celui-là.

 

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