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L’enfant de Ouidah

Je n’ai aucune prétention, je vous l’assure. Disons juste que j’ai appréhendé le temps et que j’ai décidé, après un demi-siècle, de le savourer, de le modeler et de le prendre à pleines mains. « Sinibagirwa » est le premier. « L’enfant de Ouidah » sera le deuxième… Les mots ainsi couchés sont des clés qui m’ouvrent les portes derrière lesquelles se cachent des vérités mais derrière lesquelles aussi l’autre vit… Ouvrir ces portes, c’est aussi ouvrir son coeur. Se mettre à nu ? Possible…  Lorsque les doigts pianotent sur le clavier, lorsque la plume noircit le papier, je me sens vivre…tout simplement.

enfant

Il m’est difficile de lui donner un âge. La peau burinée par le temps et les épreuves, je le croise tous les jours en me rendant au travail. Il ne porte pas que le poids des ans, courbé qu’il est. C’est tantôt un fagot de bois, tantôt une certaine mélancolie, tantôt un sourire accompagné d’un air malicieux.

Nos regards se croisent, bienveillants, respectueux. C’est aussi une des vertus apprises ici. Je ne le connais pas et pourtant je me sens proche de lui. Son regard m’intrigue, l’envie d’en apprendre plus me pousse. Nous nous croisons tous les jours. Nous nous saluons tous les jours.

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