Etats d'âme

A deux

vieuxAssis côte à côte, ils prenaient leur repas, attentifs l’un à l’autre ; la beauté n’est-elle pas dans les yeux de celui qui regarde ?

Le temps avait fait son œuvre mais le charme, la sérénité qu’ils dégageaient donnaient à leur grand âge une vie éternelle. Il était à son écoute, elle était à son bras. Connivence extrême ; un mariage long et heureux.

Plongé dans mon livre, je levais de temps à autre les yeux vers eux, vers leur bonheur pour partager ainsi, sans qu’ils ne le sachent, un moment délicieux. L’homme, à l’ouïe quelque peu déficiente, m’indiqua qu’ils avaient déjà goûté à tous les plats de la carte et qu’il était capable d’en recommander plus d’un avec le vin adéquat. J’esquissai un sourire qu’il me rendit aussitôt. La dame, plus réservée, lui murmura sans doute de ne pas me déranger.

Le temps s’écoula. Eux conversant entre eux, moi, plongé dans mon livre.

Il fut temps pour eux de partir. L’homme se leva, prit le manteau de sa moitié et, galanterie oblige, l’aida à se vêtir délicatement. Le temps pour lui de prendre son couvre-chef et son parapluie, son épouse avait engagé la conversation avec une table voisine… C’est alors, qu’en verve, notre homme lança un « Pas trop de confidences, ça peut coûter cher » qui résonna dans la pièce et eut l’effet sans doute escompté ; un éclat de rire des convives présents.

Un amour beau, grand, enviable de « vieux » tellement vivants !

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